Côte d’Ivoire: La 1ère édition du SISAMBE s’achève sur un bilan « très satisfaisant »

La première édition du SISAMBE (Salon International de la Santé Mentale et du Bien-être), s’achève ce samedi 7 novembre 2026 au Jardin botanique de Bingerville. Sport, danse, panels et consultations gratuites ont rythmé cette deuxième et dernière journée, consacrée au bien-être, devant un public encore nombreux. Au terme de ces deux jours, Dr Cissé Savané Massandjé, fondatrice du salon, dresse un bilan « très satisfaisant » et appelle au soutien des entreprises et des institutions pour la prochaine édition.

Au lendemain de la patinoire du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, le SISAMBE a troqué le béton pour la verdure. Au Jardin botanique de Bingerville, le public a répondu présent une seconde fois, et la matinée s’est ouverte sur plusieurs activités liées au bien-être mental. Après une première journée consacrée à la parole et à la sensibilisation, le salon proposait ici autre chose : prendre soin de soi avec son corps, dans la nature, au milieu des autres. Cette progression est au cœur du projet, puisque, comme le résume la fondatrice, bien-être veut aussi dire sport, nature et respiration.

Des pas de danse pour commencer

L’activité sportive qui a lancé la journée n’avait rien d’une séance de gymnastique tranquille. Jeunes et adultes ont rejoint le coach sportif pour esquisser des pas de danse, intensifier l’effort et enchaîner des mouvements qui contribuent au bien-être. Dans cette mise en mouvement collective, les générations se sont retrouvées, chacun à son rythme, sans distinction d’âge ni de condition. « On était nombreux, c’était beau. On a dansé, on a transpiré un peu », raconte le Dr Cissé avec le sourire. Le message est simple : le sport et le mouvement font partie des outils qui aident à évacuer le stress et à mieux habiter son corps.

Panels et consultations : parler pour mieux se protéger

Les panels ont ensuite pris le relais autour de quatre thèmes. Le premier, consacré aux addictions, s’est demandé comment le plaisir peut devenir un piège, et quelles en sont les conséquences. Le deuxième a porté sur la santé mentale au quotidien, entre écrans, stress, identité et besoins particuliers. 

Après une pause déjeuner où le SISAMBE a offert des repas au public, le troisième panel s’est attaché à la prévention : reconnaître la souffrance de quelqu’un qui perd espoir et apprendre à prendre soin de soi et des autres. Le quatrième a posé la question que beaucoup se posent en silence : « Je ne vais pas bien, à qui en parler et où trouver de l’aide ? »

Animés par des professionnels de la santé, des coachs en motivation et des conférenciers motivateurs, ces échanges ont été jugés très enrichissants par le public. Les participants ont pu dialoguer directement avec les intervenants, dans un cadre agréable et convivial. 

Tout au long de la journée, des consultations gratuites avec des professionnels de santé, dont un psychologue, ont permis à ceux qui le souhaitaient de se faire entendre et d’obtenir une assistance. La table d’écriture a continué de fonctionner, et l’entrée, la nourriture et la boisson sont restées gratuites. Plusieurs participants parlent d’une « véritable réussite » et disent espérer voir le SISAMBE se répéter.

Dr Cissé : « Je suis comblée ! »

Quelques heures avant la clôture, Dr Cissé Savané Massandjé, pharmacienne, entrepreneure et fondatrice de Vision Diamant, a livré un premier bilan à 100%culture. 

« Très satisfaisant. Hier, la salle était pleine. Les gens sont restés l’après-midi. D’habitude, dans les salons, la salle est un peu plus vide. Là, jusqu’à 18 h, ils étaient là », assure-t-elle. 

Elle évoque des files d’attente devant les box de consultation, qui se sont prolongées jusqu’à 18 h, et les espaces d’écriture pris d’assaut jusqu’à la fermeture. Les participants allaient jusqu’à suivre les panélistes après leur intervention pour leur poser encore des questions.

Ce qui l’a le plus frappée, c’est la forte présence des jeunes. « On a remarqué que les problèmes de santé mentale ne concernent pas que les adultes. On pense que les enfants sont jeunes, que les parents les prennent en charge, qu’ils n’ont rien d’autre à faire qu’étudier. Et pourtant, les enfants aussi sont confrontés aux problèmes de santé mentale. » 

Elle rappelle que, selon elle, le suicide est la troisième cause de décès chez les 15-29 ans, et assure que la réponse passe par l’écoute, l’encadrement et des outils concrets. « On ne veut plus que nos enfants se suicident, on ne veut plus les voir sombrer dans l’addiction. On veut les aider à se sentir mieux dans leur peau. » Aux inquiétudes sur une éventuelle réticence des jeunes à consulter, elle répond sans hésiter : « Au contraire. Le thème du salon, c’est lever le tabou. Demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse. »

Pour la deuxième édition, elle attend d’abord du soutien, celui des entreprises et des institutions, car l’organisation de cette première édition a été difficile, notamment sur le plan financier. 

Elle n’en garde pas moins un sentiment de plénitude : « Quand je regarde tous ceux qui viennent me dire : “Docteur, merci, il fallait un événement comme ça. Merci, on a appris”, je suis comblée. » Et elle lance un appel : « Il ne faut pas que je sois seule. Il y a d’autres salons, d’autres initiatives en faveur de la santé mentale, parce que le besoin est grand. » 

Cette première édition a montré qu’un public attendait ces rendez-vous. Reste à transformer l’élan en engagement durable, parce que prendre soin de la santé mentale d’un pays ne se fait pas en deux jours, ni seul.

Innocent KONAN

Innocent KONAN: Journaliste de formation, je suis passionné par les sujets d'actualité liés à la culture, la politique, l'économie, la technologie (cryptomonnaies, fintech, insurtech) et la société. Avec un master 2 en journalisme en poche, je mets mes compétences au service de l'information en tant que secrétaire de rédaction chez 100pour100culture. Ma curiosité et mon adaptabilité me permettent d'aborder une grande variété de sujets avec rigueur et clarté.