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Poésie : Servitude et Grandeur de la Femme Africaine

Brigitte Gacha | | Litterature

Certes, il est à déplorer que les ravisseurs choisissent leurs proies en ces jeunes filles en fleurs, toute à la préparation de leur futur. Qu’importe ce que l’on pense, se préparer c’est s’armer de l’instruction dans le camp scolaire, universitaire, afin d’avoir une meilleure chance de trouver une profession. A moins que l’on ne possède des dons; et quand bien même, encore faut-il qu’on les découvre. Le mariage et la maternité seraient venus parfaire l’itinéraire de ces jeunes filles, dont on a détruit le rêve en pleine floraison.

Se préparer, ce n’est pas attendre dans la cour paternelle, un éventuel prétendant ou un mariage arrangé. De nos jours, les choses ont changé. Dans ce monde moderne, les chances de réussir appartiennent autant au sexe masculin qu’au féminin.
Rêve brisé en plein épanouissement
Echo de peine…
O toi, ma soeur, ma fille, mon amie
Nous avons eu la chance de naître
Dans un siècle où les solutions de l’équation de la réussite
Autant pour les garçons que les filles
Nous sont proposées sur un plateau d’argent:
Education-profession-mariage-maternité/paternité.
La première donnée a bien commencé.
Chaque matin, levée, lavée, le cartable au dos,
Aurevoir papa et maman, le chemin de l’école,
Les cours, l’esprit avide de connaître, impatiente
Déjà des cours du lendemain, ô quelle fébrilité!
Tout-à-coup, sans crier gare, ils sont venus,
Nous ont enlevées, et ont cassé nos rêves.
Pourquoi, pourquoi veux-tu disposer de ma vie,
Toi, mon frère, mon ami, mon compagnon, mon futur mari?
N’aspirons-nous pas au même devenir?
J’étais si fière de me préparer à disposer de ma vie, de mon futur, où mes parents seraient fiers de moi. J’étais si fière à l’idée de contribuer à construire mon foyer de demain, d’inviter
Ma famille à mon mariage et les réunir à la naissance du
futur enfant ,
Si fière à l’idée de servir notre patrie;
afin que notre patrie soit assise à la table des autres nations
et discuter entre eux du devenir du monde.
Mon frère, mon camarade, mon promis,
Voilà le fond de ma pensée.
Réfléchis au fond de ta pensée.
Peut-être es-tu dans l’erreur.
Tu peux demander conseil
A ton frère de l’autre côté de la rivière
C’est plus sage que de courir
Appeler l’Amérique qui a ses propres problèmes.
Tu n’avais pas besoin de rompre mon futur.
J’ai mal; je pleure dans le camp
Où tu me retiens égoistement,
Contre mon gré,
Parce que mon premier objectif est la fin de mes études.
Je pleure, je pleure.
– Ohé ! Ouloukououuu! M’entends-tu?…
Ma soeur, mon amie, je suis ta soeur de l’autre côté de l’Atlantique,
L’africus a soufflé la nouvelle jusqu’à nous,
L’echo de ta douleur rententit en moi.
Et je pleure quand tu pleures.
Et parce que tu pleures.
Puise ton courage dans notre nature féminine
Qui regorge de ressources insoupconnées.
Je te soutiens dans ton épreuve
En souhaitant qu’elle soit éphémère.
Brigitte Gacha