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31 vers pour Décembre

Brigitte Gacha | | Litterature

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Je pleure l’inconscience faite Homme
Qui expédie l’enfant l’arme à la main
Périr et occire prochains et parents,
Perdre son innocence dans le sang
Du champ mortifère de la guerre,
Violer, voler, violenter ,sans vergogne,
Commettre les péchés d’un autre âge,
De sang-froid ou sous l’effet de mille drogues.

Je pleure avec le pays exsangue ,
Débranché, déraciné, défloré,
Désanimé, dérouté, déboussolé,
Impuissant, nu, hébété, devant l’affreux
Spectacle des mères et sources
Taries par famine et sécheresse,
Ou baignant, noyées dans leur propre sang.

Je pleure la mère-nation qui voit
Mourir sa jeunesse sans voir son avenir,
Qui se voit périr d’une mort planifiée,
Mourir sans être consciente de la
Raison minière de ce crime perpétré
Par l’Appât du Profit et le jeu du Pouvoir.
Terre et mers riches, enfants pauvres : étrange.
Etrange paradoxe que cette Afrique !
Alors qu’il suffit de plonger la main
Dans le sol de ses ancêtres et un seul, ou
Alors si peu, minerai extrait suffirait
A équiper ses propres enfants de tout
Le matériel scolaire et autres besoins,
Pour des lendemains joyeux et pacifiques,
Pour des jouets en cadeaux de fin d’année
Comme les autres enfants du reste du monde.

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