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ABILANG ou la promotion de la langue maternelle africaine

Danielle YESSO | | Litterature

Le département des sciences du langage et de la communication de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké a organisé la troisième édition du colloque international dénommé Atelier d’Abidjan pour les langues Négro-africaines et la Grammaire Générative (ABILANG). Le thème de cette édition est « la structure du nom, du syntaxe nominal et de la phrase dans les langues Volta-Congo (Gur, Kru, Kwa) et Mandé: aspects génétiques et typologiques ». C’est le campus 2 de l’UAO de Bouaké qui a abrité la célébration, les 8 et 9 août 2018.

Deux jours de rencontre durant lesquels 92 communicants dont des enseignants-chercheurs et doctorants, venus de la Côte d’Ivoire, des États-Unis, du Nigeria et du Burkina Faso se sont exprimés sur l’importance de la langue maternelle africaine. La valorisation de la langue maternelle africaine, tel est le projet d’ABILANG.

Selon le directeur d’ABILANG, Pr Joseph Bogny Yapo de l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, ABILANG est une structure ayant pour but de décrire les langues, d’enrichir et de faire des manuels didactiques afin de permettre à tout le monde d’apprendre facilement et de comprendre sa langue maternelle. « Pourquoi ne pas traduire les traités scientifiques dans nos langues en vue d’aider nos populations à comprendre le monde et les transformations auxquelles nous assistons » a-t-il expliqué.

Pour le Pr Kossonou Théodore de l’Université Félix Houphouët-Boigny, parler sa langue maternelle permet d’affirmer son identité culturelle et sa personnalité. « Quand vous perdez votre langue, vous perdez une grande partie  de vote âme. Nous avons remarqué que tous les pays développés se sont développés à travers leur propre langue. Il faut que nous utilisions et que nous fassions la promotion de nos langues maternelles » a-t-il conseillé.

De nombreux autres participants ont meublé ce colloque international. Entre autres, celle du Pr Heath Jeffrey de l’Université de Michigan des États-Unis, qui a entretenu les participants sur la thématique « génétique et typologie dans le Delta du Niger ».

Les participants souhaitent que les populations comprennent que les langues qu’elles parlent, sont les moyens dont elles disposent pour le développement économique, sociopolitique, leur développement dans tous les sens.

 

Danielle YESSO