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La femme de rythme

Firmin Koto | | Musique

Un documentaire de 52 minutes a été réalisé pour retracer le parcours atypique de Manou Gallo. Ce film permet de comprendre le talent précoce de cette jeune musicienne, élevée dans un univers où les rythmes traditionnels “Djiboi” ponctuent l’existence quotidienne.

Manu Gallo


C’est bien connu, en Afrique la musique est omniprésente. Baptêmes, mariages, Funérailles, etc. rien ne se fait sans rythme. Ici, le rythme c’est la vie. Il n’a fallu qu’un enterrement pour que Manu, encore mineure, saisisse sa chance. Un faux-bond de la part du percussionniste prévu et Manu s’installe, sans crier gare, pour jouer de l’Atombra (énormes tambours parleurs d’usage chez les Dida). Elle réussit à se hisser à la hauteur de la peau tendue et se met à battre, avec une maîtrise étonnante. Dans tout le village, où la tradition est encore vive, c’est la stupéfaction.
“Tout le monde était vraiment étonné, un peu choqué aussi, se souvient-elle, car les femmes n’ont pas le droit de toucher ces tambours. Quelque part, on me prenait pour une petite sorcière. Ma grand-mère me soutenait : à cette occasion, elle m’a d’ailleurs expliqué que ce don m’avait été transmis en songe par sa propre mère, décédée le jour précis de ma naissance. Quand, à 8 ans, je m’installe pour jouer du tambour lors de cette cérémonie, je sens cette force de mes ancêtres au bout de mes doigts”.

Le rythme, c’est toujours son obsession. En attendant ses amies à la sortie de classe, Manou bat la mesure, frappe ses cuisses, tape des pieds, ponctue le tempo de la voix. Son arrivée au sein du groupe Woya en 85 et son passage au “Village Ki-Yi-Mbock” de 1993 à 1996 lui ont permis de s’aguerrir pour ensuite entreprendre la carrière internationale avec Zap Mama, en Belgique, le 3 janvier 1997.

Et depuis six ans, Manou Gallo est de toutes les tournées, parcourant le monde pour jouer la musique des “Zap”. Pour donner forme à sa musique, Manou franchit un nouveau pas en 2001, en créant son propre groupe « Le Djiboi », avec des amis musiciens qu’elle réunit de partout.

À la fin 2002, Manou co-produit avec Michel Seba, Bilou Doneux, Patrick Dorcéan & Poney Gross de Zig Zag World son premier CD intitulé « DIDA », enregistré à Bruxelles au studio Dada. De 2003 jusqu’en 2004, la carrière internationale de “La petite de Divo” l’envoie parcourir presque toute l’Europe en compagnie de son Groupe « Le Djiboi ». C’est en 2005 qu’elle découvre les Etats-Unis. Cette même année, en mai, elle crée le « MANOU GALLO EXPERIENCE », un projet dans lequel elle donne libre cours à ses nouvelles inspirations de femme moderne africaine de la diaspora. En novembre, Manou participe avec la comédienne Carole Kamera, à la création de la pièce de théâtre « LA FEMME FANTÔME » écrite par l’anglaise Kay Adshead et mis en scène par l’écossais Michael Batz. Cette œuvre se joue avec grand succès un mois durant au Théâtre de Poche à Bruxelles.

En 2007, Manou produit en compagnie de Patrick Dorcean son deuxième disque « MANOU GALLO », un album qui parle d’elle-même et qui marque sa propre touche au niveau de l’arrangement, la percussion, la guitare, etc. Manu n’a pas changé : son inspiration demeure enracinée dans ses origines africaines et rythme toujours présent en elle.

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