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Abou Nidal, la légende des musiques urbaines dans une nouvelle dimension

100pour100culture | | Musique

Après des petits boulots en Côte d’ivoire, Doumbia Aboubacar plus connu sous le pseudonyme Abou Nidal tente l’aventure en Allemagne, aux Etats Unis et également en Suisse où il est promoteur de spectacles et homme d’affaires. A la faveur de la naissance du mouvement ” Coupé Décalé ” : apologie du bling-bling , il revient sur sa terre natale fin 2006 pour sortir sa première chanson : “La chaussure qui parle”. Un énorme succès qui le révélera au monde. Artiste, chanteur, concepteur, la légende des musiques urbaines, Abou Nidal possède une discographie riche et alléchante : ” C’est le moment ” 2009, ” Dialogue direct” 2011, ” Ventilateur” 2012, ” Pkayaille” 2013, “Biankouma” 2014, ” Le Pétrolier” 2015, ” Bassam Tchin Tchin” 2021 et ” Abidjan” en featuring avec le Grammy Award: Toumani Diabaté qui sortira  à la faveur de la commémoration de la fête de l’indépendance de la Côte d’Ivoire , le 7 août 2021.  Abou Nidal est aussi un homme d’affaires prospère qui a créé en 2015, Nidal Group. Ce grand humaniste a atteint aujourd’hui avec le Wara Tour, son projet phare, une nouvelle dimension qui se situe au-dessus de la mêlée. La rédaction de 100% Culture l’a rencontré à Abidjan dans ses locaux pour un entretien.

Abou Nidal, vous faites partie des précurseurs du “Coupé Décalé.  Quel regard portez-vous sur le mouvement ?

Nous sommes à l’aube des 20 ans du Coupé- Décalé qui est né à Paris en 2002. Je porte un regard positif sur notre mouvement. L’intention première était d’égayer maintenant nous avons évolué vers une étape plus éducative et de Leadership. Plusieurs jeunes artistes ont adopté cette musique et ils tirent leur épingle du jeu à l’image de Serges Beynaud qui est aussi chef d’entreprise. 20 ans plus tard nous avons révolutionné la musique africaine par notre style et de nouvelles sonorités dansantes.

Vous êtes le boss de Nidal Group. Quels sont les domaines d’activités de votre structure ?

Nidal Group est une entreprise multi-services. Nous faisons de la communication, du booking artistique, du coaching. Au sein de Nidal Group, nous avons un studio d’enregistrement. On fait également de la production musicale. De la grande distribution avec les supérettes.  Nidal Group c’est aussi l’ouverture des voiries avec des machines caterpillars étant donné que moi-même, j’ai été mécanicien de caterpillars sans oublier Afro culture Tv, notre télévision sur le net.

Vous êtes aussi le concepteur du Wara Tour. Présentez-nous votre projet.

Le Wara Tour est une caravane itinérante qui vise à célébrer l’école, à sensibiliser sur les maux qui minent le milieu scolaire : les grossesses précoces, le tabagisme, la drogue, etc.…Le Wara Tour c’est la caravane de l’excellence en milieu scolaire.

Le Wara Tour 5 vient de s’achever le samedi 17 juillet 2021 dans une grande effervescence dans la ville de Grand-Bassam. Pouvez -vous nous faire le bilan de ce grand événement ?

Cette 5e édition du Wara Tour a décollé sur le plan médiatique.  Nous avons beaucoup communiqué avec notre slogan :” Vas à l’école ” en indiquant que la place des enfants était dans les salles de classe. Le thème de cette année : Non au travail des enfants dans la Cacaoculture était très important donc nous avons mené une campagne de proximité. Le bilan est très positif.

Vous avez emboîté le pas de la campagne contre l’exploitation des enfants dans la Cacaoculture chapeautée par la Première Dame de Côte d’Ivoire, Mme Dominique Ouattara. Quel a été l’impact sur les populations rurales ?

L’impact est visible sur les populations rurales puisque beaucoup d’associations, de coopératives et d’ONG nous ont emboité le pas quand nous avons abordé notre campagne de sensibilisation.  Les précédentes éditions c’était dans les villes, mais cette fois-ci nous nous sommes rendus dans les villages où nous avons pu échanger avec les planteurs, les coopératives et les populations.  Ils ont compris notre message. Nous sommes allés dans les contrées les plus reculées pour identifier les problèmes qui empêchent les parents d’inscrire les enfants à l’école. Dans notre rapport officiel, nous allons apporter des solutions.  Une chose est de sensibiliser, une autre est de passer à la phase de répression, mais il faut surtout trouver des solutions pour ces parents qui sont obligés de faire travailler les enfants dans les champs. Il faut continuer à sensibiliser et informer parce que les populations sont désinformées.  C’est un travail de longue haleine.  Les populations nous ont accueillis partout avec un grand enthousiasme.  Nous sommes fiers d’avoir mené ce combat. Nous allons continuer à dire non ! à l’exploitation des enfants dans tous les domaines et sous toutes ses formes.

Vous avez aussi donné de la voix pour la vaccination contre la Covid 19 lors du Wara Tour 5. Le ciblage a-t-il été atteint ?

Avec le ministère de la Santé, nous avons signé un partenariat dès le moment où les vaccins contre la Covid 19 ont été disponibles. En tant qu’artistes et influenceurs, nous avons fait la sensibilisation.  La population réticente au début a pris confiance et ce sont des centaines de milliers de doses qui ont été administrées à la caravane du Wara Tour 5.

Vous avez fait une belle campagne pour inciter les enfants à aller à l’école et à être studieux en récompensant le mérite des meilleurs d’entre eux. Comment ont-ils perçu cette caravane ?

A l’instar des enfants nous sommes heureux en tant que donateurs. Moi, Serges Beynaud, Ariel Sheney, Les garagistes, Safarel Obiang…Des Stars qu’ils ne voient qu’à la télévision, nous sommes allés vers eux, vers leurs parents, leurs enseignants.  Les meilleurs enfants de cette année académique 2020/2021 ont été dotés de manuels scolaires, de tablettes éducatives et d’ordinateurs portables de grandes valeurs. Les enfants sont très contents. Nous les avons fait venir de l’intérieur du pays à Abidjan et ensuite à Grand -Bassam avec leurs coordinateurs, leurs parents, la Dren (Direction Régionale de l’Education Nationale). Ils ont passé trois jours inoubliables à Grand-Bassam où ils ont pu rencontrer le roi, faire du tourisme dans la première capitale coloniale et ville classée au patrimoine de L’UNESCO ainsi que pratiquer des activités récréatives avant de recevoir pour les meilleurs des meilleurs leurs récompenses à la cérémonie de clôture. Ils sont passés à la télévision pour la célébration de leur mérite. Parmi ces enfants tous ceux qui étaient en classe d’examen ont réussi leur baccalauréat.

Vous avez sorti cette année le son “Bassam Tchin Tchin”. L’artiste talentueux que vous êtes a-t-il décidé de faire la promotion du tourisme également ?

Bien sûr que je pense au tourisme. A cet effet sur mon nouvel album j’ai sorti deux titres : “Abidjan “et “Bassam Tchin Tchin” . Je suis en Côte d’Ivoire et c’est le plus beau pays du monde. Abidjan est “le plus doux” au monde. Grand-Bassam est une ville historique qui est restée debout malgré l’attaque terroriste des djihadistes et l’inondation.  Il faut célébrer cette belle ville aux beaux vestiges. On m’appelait Abou Nidal de Genève, je préfère désormais qu’on me nomme Abou Nidal de Bassam. C’est mieux de promouvoir la destination Côte d’Ivoire.

Pour finir, un mot pour vos nombreux fans, vos partenaires et vos sponsors.

Je remercie toute la corporation artistique. Je suis l’initiateur du projet Wara Tour, mais j’ai eu le concours de tous les artistes sans exception. Je remercie tous nos partenaires et notre partenaire principal SATOCI avec les cahiers l’Original. Ensemble ; on est plus fort. Je remercie les médias qui ont permis que cette cinquième édition soit révélée au monde. Merci à toi aussi Corine Hazoumé pour avoir cru à notre projet et pour nous avoir accompagnés. Nous avons besoin du concours de tous : les influenceurs, les sportifs, les icônes de la culture… pour que notre voix porte. L’école c’est la lumière.  L’éducation c’est l’arme la plus puissante dont une nation peut se doter. Tous les enfants de Côte d’Ivoire méritent d’aller à l’école ainsi que ceux du monde entier. C’est mon combat. Grand merci à la marraine du Wara Tour 5, la Première Dame, Mme Dominique Ouattara dont c’est le combat permanent. Nous la prions de continuer à nous soutenir dans cette lutte commune.

Corine Hazoumé