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Fiacre Asseke ( Fondateur des bijouteries Assekeoro) L’or au bout du doigt

Raymond Alex Loukou | | Mode

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A force de viser l’ excellence, il s’ est imposé comme l’ un des bijoutiers les plus talentueux de sa génération. L’ or n’ a plus de secret pour lui. Il le façonne, le modèle à sa guise pour en sortir des perles rares appréciées au-delà des frontières ivoiriennes. Suivons l’ aventure dorée de cet orfèvre hors pair de l’ Afrique toute entière.

En Côte d’ Ivoire, la seule adresse qui fait autorité en matière de bijouterie c’ est bien Assékéoro. Derrière ce Label se cache Fiacre Asséké, jeune ivoirien, la quarantaine révolue qui a décidé de lier son destin à celui de la bijouterie. A la différence des jeunes de sa génération qui peinent à trouver leurs voies, le jeune Fiacre en avait une toute tracée : le métier de bijoutier.

L’ aventure commence en 1981 au sein de l’ Ecole Ivoirienne de Bijouterie et de Métiers Annexes ( EIBMA ). C’ est là qu’ il fourbi ses armes.  » Mes talents de dessinateur et de sculpteur me prédisposaient déjà à ce métier « , avoue t-il. Etait-il prédestiné à ce métier ?  » Mon arrière-grand-père était forgeron. J’ ai sans doute hérité de lui « , glisse t-il avec un brin de malice dans les yeux.

Après 3 ans de formation, le CAP en poche, il atterrit chez Karloff dans le centre des affaires au Plateau. Au bout de deux ans, il est resta sur sa faim car abonné à la revente et à la réparation. L’ idée d’ aller en Europe pour se perfectionner le tenaillait. A 20 ans, il se projetait déjà dans le futur.  » L’ Italie reconnu comme la capitale par excellence de la bijouterie occupait mes pensées. I l fallait que j’ y aille pour pour concrétiser mon rêve « , révèle t-il.  En mai 1986, c’ est Pérouse qui l’ accueille. Le voilà ainsi à Valenza Po, la cité de l’ or là où 90 % de la population pratique le métier de bijoutier. La détermination et la passion chevillées au corps, il ne mettra pas de temps pour dompter la langue italienne réputée difficile pour les étrangers. Son cousin qui fait office de tuteur lui conseille le centre de formation  » Regione Piemonte  » à Valenza. Très remarqué dans cette école parce que seul noir, il ne tardera pas à se faire remarquer par son dévouement et son abnégation durant sa formation. Malgré un emploi du temps chargé : cours  le matin et atelier le soir, le jeune Fiacre tient le coup. Cependant, il n’ oubliera pas de si tôt les jours durant lesquels le concours d’ entrée à l’ école s’ est déroulé.  » J’ ai passé mes jours à la gare de train parce que je n’ avais pas les moyens de m’ offrir une chambre d’ hôtel « , se souvient-il avec nostalgie. Quelques mois avant la fin de sa formation, une loi visant à régulariser la situation des étrangers est promulguée. Une aubaine qu’ il mettra à profit. Son permis de séjour travailleur en poche, Fiacre entrevoie sa carrière avec beaucoup d’ optimisme. Après trois années passées au centre de formation, il voit sa carrière prendre de l’ envergure. C’ est chez Barbero & Ricci, Lepidor, et RMC, des références mondiales en matière de bijouterie et de joaillerie qu’ il fera son entrée dans la cour des grands. Par la suite, il rentre chez Cartier et Piaget des sommités en la matière. Dès cet instant quelque chose fourmille dans la tête du jeune bijoutier.  » Mon instinct d’ entrepreneur se réveilla. J’ ai commencé à faire du porte-à-porte. Je me suis rendu compte que c’ était rentable et en plus les bijoutiers commençaient à me faire confiance « , tient-il à préciser. Fort de cette confiance, Fiacre commença à vendre les bijoux tous les weekend. Pour agrandir son marché, il vise les USA, grands consommateurs de bijoux de luxe. Grâce l’ un de ses amis, il s’ introduit sur le marché américain. Les affaires fleurissent. Des grandes villes comme Atlanta et Washington sont visitées. Il finit par quitter ses employeurs et se consacre dorénavant à ses propres affaires. Entretemps, il suit une formation d’ agent de commerce. Cela lui permet de se mettre en règle vis-à-vis de l’ administration américaine. Le fameux sésame en main, il peut faire tranquillement la navette entre les USA et l’ Italie.

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Toute cette aventure passionnante, il la vit en compagnie d’ un bijou rare, serti de diamant : Jocelyne, son épouse experte en contrôle-qualité. Malgré cette débauche d’ énergie le couple peine à trouver les 40 millions nécessaires à l’ achat des machines. Qu’ à cela ne tienne ! il bataille dur pour s’ acheter du matériel de seconde main. Après d’ incessantes incursions en Côte d’ Ivoire, il finit par s’ y installer. En août 2003, son rêve devient réalité. Il ouvre sa première boutique à Cocody. L’ une des bijouteries les plus modernes de l’ Afrique de l’ ouest, la seule à pratiquer la soudure au laser. C’ est un atelier ultra-moderne qui n’ emploie que des professionnels du métiers. Le 1er décembre 2008, il remet le couvert en créant sa deuxième bijouterie à Orca Déco dans la commune de Marcory sur le boulevard Giscard d’ Estaing. C’ est sa clientèle qui fait le mieux sa publicité même si elle pense que les bijoux estampillés AssékéOro coûtent chers. Là dessus, le bijoutier nous fait la confidence :  » Il est cher mais il travaille bien « , est la phrase que j’ entends le plus souvent. Et de poursuivre :  » Les ivoiriens sont de fins connaisseurs en la matière et n’ hésitent pas à mettre le prix pour des objets de grande valeur « , parole de bijoutier !

Aujourd’ hui malgré le contexte économique très difficile, il entrevoit l’ avenir avec optimisme.  » Je ne regrette pas cet investissement même si ça revient cher « , tient -il à clarifier. Pour lui la vie se résume en une seule philosophie:  » Quand on a un rêve, il faut se donner les moyens de le réaliser « . Révolue l’ époque où des parents et amis se moquaient de lui pour son choix  » indécent « .
C’ est avec un brin de fierté qu’ il administre ces deux joyaux haut de gamme pour le bonheur de sa clientèle qui devient de plus en plus exigeante. Noblesse oblige !

Bon an, mal an, AssékéOro fait son bonhomme de chemin. Comme quoi, la patience est un chemin d’ or…

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