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MansA à Paris : l’épicentre des cultures africaines sort de la tourmente

Alexandre Martin | | Société
La Maison Des Mondes Africains MansA

Après trois ans de batailles politiques, budgétaires et symboliques, la Maison des mondes africains (MansA) pose enfin ses valises dans le Xe arrondissement de Paris. Un ancien atelier transformé en « QG permanent » pour les créateurs du continent, porté par Emmanuel Macron et le philosophe Achille Mbembé. Récit d’une implantation sous tension.

Un QG culturel au cœur des tempêtes
L’histoire de la MansA ressemble à un roman à tiroirs. Entre les murs du pouvoir, le projet, né en 2021 de la volonté présidentielle, a divisé jusqu’à la veille de son aboutissement. La Monnaie de Paris, institution séculaire rêvant de mécénat lucratif sur les berges de la Seine, refusait de partager son espace avec ce nouveau venu. « L’art peut être réaliste, les querelles parisiennes sont souvent surréalistes », résume un proche du dossier.

Dans l’arène politique, le Rassemblement national a brandi l’épouvantail de la « repentance », fustigeant un projet « aux sirènes » supposément anti-françaises. Pendant ce temps, les ministères de la Culture et des Affaires étrangères s’écharpaient sur le financement, laissant le budget en suspens. « Chacun voulait sa part du gâteau sans en assumer le coût », glisse une source gouvernementale.

De la polémique à la renaissance artistique
Malgré les obstacles, la MansA émerge aujourd’hui comme un phare culturel. Inspirée de l’Institut du monde arabe, elle ambitionne d’être bien plus qu’un musée : un laboratoire vivant où expositions, résidences d’artistes et débats s’entremêleront. « C’est un tremplin pour les voix africaines, souvent invisibilisées en Europe », insiste Achille Mbembé, figure intellectuelle du projet.

Dès juin, les 1 500 m² de l’ancien atelier parisien ouvriront leurs portes. Un symbole fort pour Emmanuel Macron, qui y voit « l’incarnation du soft power franco-africain ». Reste un défi : transformer ces murs chargés d’histoire en un lieu où, enfin, « les cultures africaines ne seront plus des invitées, mais chez elles », comme le clame son équipe.

Alexandre Martin

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