Sur l’éloge de Le Clézio à ses frères et soeurs de plume .

Après Älvkarleby, comme prévu, J.M.G. Le Clézio est revenu pour recevoir son prix Nobel de littérature lors de la cérémonie à Konserthuset. J’ai choisi de vous parler du passage de Le Clézio à Rinkeby, nommé « village du monde ».
Pour cet invétéré nomade, qui ne cesse de parcourir les contrées les plus reculées à la rencontre de l’homme, il ne pouvait être mieux servi : il a été accueilli dans le monde en miniature ; en effet, Rinkeby compte 15000 âmes et on y parle plus de 100 langues !
Rinkeby, terre des diversités culturelles, linguistiques, foisonnement des peuples de tous horizons, chers à Le Clézio.
Situé à l’ouest de Stockholm, Rinkeby fait partie des banlieues les plus défavorisées de la capitale scandinave. Toutefois, cette bourgade est exceptionnelle à plus d’un titre : elle possède une bibliothèque où tout le personnel est polyglotte. Par ailleurs, cette bibliothèque de Rinkeby a pour tradition d’accueillir le lauréat du prix Nobel de littérature chaque année, et ce, depuis 18 ans. J.M.Gustave Le Clézio n’a pas failli à la tradition.
Dans une atmosphère festive, illuminée par la célébration de la Sainte Lucie , on a assisté à une procession des enfants tout de blanc vêtus, en tête Sainte Lucie vêtue de blanc et auréole d’une couronne ciroféraire, chantant des cantiques de louange. N’oublions pas les deux petits tout de brun vêtus, symboles des pepparkakor, sortes de biscuits au gingembre, chantant « nous venons du pays des biscuits au gingembre », une contine populaire chez les enfants en cette période de l’année. Ils ont soulevé des houles d’applaudissements.
Ensuite les élèves des classes de 8e et 9e des écoles de Rinkeby et du village de Bredby ont souhaité la bienvenue à J.M.G. Le Clézio en pas moins de 8 langues : turc, suédois, espagnol, bosnien, arabe, français, somalien, gitan…
Ensuite, dans un exposé multilingue, « ces porteurs d’avenir » ont fait un compte-rendu sur l’histoire du Nobel et cité tous les lauréats actuels des autres matières et les sujets de leurs travaux : chimie, physique, médecine. À la fin du programme, les enfants ont remis à un Le Clézio émerveillé un ouvrage illustré d’une trentaine de pages, conçus de bout en bout par eux-mêmes, jusqu’au portrait en couverture du lauréat, mettant en exergue cette phrase de Jean-Marie Gustave Le Clézio : « Chaque langue est une mine d’or ». En effet !
Mais ce n’était pas tout. Un autre moment très touchant , c’est lorsqu’ils ont remis à monsieur et madame Le Clézio, deux casques en leur disant : « c’est pour protéger vos nobles têtes pendant vos promenades à vélo », ce qui a déclenché des cascades des rires bon enfant dans la salle pleine. J.M.G. Le Clézio, le sourire indélébile, les yeux brillants de joie prête à couler d’émerveillement devant ce monde en miniature, a exprimé son bonheur intense en disant tout simplement: « Je suis très ému ». Et il l’était J’y ai même dénoté un soupcon de timidité, vestige d’un caractère si propre à l’enfant qu’il est resté quelque part. Qui ne l’était pas !Nous l’ étions avec lui, oui, émus. Bonheur contagieux ! Que c’etait beau, de voir tous ces sourires de toutes les races et de toutes les couleurs ! Que c’’etait beau, de voir tous ces visages de toutes les couleurs rayonner d’une joie indicible ! Avec une telle richesse culturelle et humaine, comme disait Montaigne, « rien de ce qui est humain (ne devrait leur) être étranger.
Grandir à Rinkeby c’est devenir un citoyen du monde, porteur d’avenir. .
Merci Alfred Nobel. Merci les petits,! Merci le grand Le Clézio ! Merci Sainte Lucie, joyeuse lumière !
Ps. Chers élèves, veuillez m’excuser de n’avoir pas noté vos noms.