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Bebi Philip à propos de son album ‘’On The Track’’ : « Sur mon album, j’ai invité Dj Mix, Josey, Kerozen… ; c’est pour promouvoir l’unité au sein du coupé décalé »

Innocent KONAN | | Exclusivité

Bebi Philip, artiste musicien

Né le 18 mai 1988 à Treichville, une des communes d’Abidjan, Bebi Philip embrasse la musique depuis l’adolescence. En 1995, celui qui se surnomme « Chevalier de Dieu » intègre l’orchestre de son église en tant que guitariste. Arrangeur incontournable, Mister BBP s’impose déjà dans le milieu du show-biz et décide 3 ans plus tard de passer devant le micro et propose Swinguita son premier titre en 2009. Mais il se fait découvrir par son single Freestyle sorti en 2010. En dix ans de carrière, Bebi Philip ne s’est pas seulement imposé dans le Coupé décalé, il a aussi influencé le Zouglou et d’autres genres musicaux à travers ses arrangements. Il lance en 2017 son propre label de production d’arrangement BBP TEAM RECORD. Après son premier album Joie de vivre sorti en 2013, Bebi Philip revient avec son second album “On the track”, un album qui résume son parcours en tant que chanteur et arrangeur. Nous avons rencontré l’artiste dans son studio d’arrangement afin de nous parler de sa vie et surtout de son nouvel album.

 

Comment s’est passée l’enfance de Bebi philip ?

Bebi Philip avant la musique, c’est un enfant qui est né à Treichville et qui a grandi dans la commune de Port-Bouët, qui avant de grandir est rentré dans la musique parce que la musique étant innée dans la famille on ne pouvait pas passer à côté…

Comment êtes-vous tombé dans la sphère musicale ?

Tout s’est passé lorsque j’ai intégré à l’âge de 4 ans l’Orchestre de l’Église où mes parents allaient. J’ai grandi dans le domaine du gospel jusqu’à ce qu’en 2005 je rencontre Freddy Assogba mon père formateur auprès de qui je me suis perfectionné. En 2007, Je me lance dans une carrière solo en tant qu’arrangeur et 2010 à la chanson. Aujourd’hui Je suis à mon deuxième album intitulé “On The Track”.

Si vous devez choisir l’un de vos titres pour vous définir, ça serait lequel ?

Un peu tous les titres parce-que les chansons que je produis sont inspirées de mon vécu. Si je devais en choisir un ça serait “la vraie force”.

On vous a connu en tant que grand arrangeur. Pourquoi avez-vous choisi d’aller au-delà de l’arrangement pour tenir vous-même le micro ?

Bébi Philip c’est quand même 10 ans de scène et 13 ans d’arrangement. Donc j’ai commencé les arrangements et 3 ans après je me suis mis à la chanson. Les artistes avec qui je travaillais ont souvent du mal à poser sur les prods que je leur proposais. C’est comme ça que j’ai essayé avec “Freestyle” Et cela a bien marché jusqu’à aujourd’hui.

Plusieurs artistes ont bénéficié de vos arrangements même feu DJ Arafat n’était pas en marge. Comment peut-on résumer vos relations avec Ange Didier ?

Une très belle collaboration. Il faut toujours tenir le côté positif des choses. La Côte d’Ivoire a perdu quelqu’un de grand, mais on essaie de faire ce qu’on peut pour tenir au plus haut niveau le coupé décalé.

Comment étaient vos derniers moments avec lui ?

Très bien. Il n’y avait pas de problème, des relations d’adulte. C’est vrai qu’au début on était encore très jeune, mais après quand on prend de l’âge, on grandit dans le corps et dans la tête aussi. Les différends c’était il y a bien longtemps.

En tant que l’un des grands artistes du coupé décalé, comment comptez-vous propulser ce genre musical ?

C’est l’un de mes soucis majeurs, porter haut le drapeau ivoirien. Ce n’est pas seulement le coupé décalé que je fais. J’ai contribué aussi à la mise à jour, à la nouvelle version du zouglou. Donc je travaille par inspiration depuis toujours. Je suis un artiste musicien. Pour moi, tant que la musique ivoirienne est au top, on est bien. Donc les artistes ivoiriens doivent toujours collaborer.

Quelles sont vos relations avec les autres artistes du coupé décalé ?

Dans le plus grand respect. On se respecte, c’est ça le plus important.

“On The Track”, votre nouvel album est beaucoup apprécié par vos fans. Surtout le titre “Samatank” où vous êtes en duo avec MOHAMED DIABY. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Nous nous sommes rencontrés par le biais d’une amie. Je cherchais une voix mandingue pour poser sur le son. Il faut dire que le son je l’ai enregistré en 2017 lors de mon voyage au Sénégal. Les instruments ont été joués en live et aussi les percussions. Et quand je suis revenu en Côte d’Ivoire, pendant que je terminais mon album, j’avais besoin d’une voix mandingue et c’est comme ça qu’on m’a présenté les vidéos de Mohamed Diaby. Je suis rentré en contact avec lui et le feeling est passé tout de suite. Il est venu spécialement à Abidjan pour ça.

Vous étiez également en duo avec Josey, Dj Mix et Kerozen Dj sur certains titres. Pourquoi avez-vous décidé de collaborer avec plusieurs artistes sur cet album ?

J’ai trouvé ça très important. C’est vrai que tout seul on peut montrer qu’on est fort, mais ensemble on est plus efficace, ce sont plusieurs énergies qui se mettent ensemble. Nouvelle sonorité, nouvelle vibration et c’est dans ce même élan de nouvelle sonorité qu’on fait des collaborations.

Sur cet album, nous n’avons pas vu la participation de Serge Beynaud ni Debordo. Pourtant on le sait bien dans le passé vous étiez très proches. Pourquoi cette absence ? y a-t-il des mésententes entre vous ?

Non il n’y a pas de problème entre nous c’est juste qu’avec DJ Mix il y a une collaboration qui est différente de celle des autres. C’est un album. Et un album, ça s’écoute, ça ne se danse pas forcément. Donc s’il doit avoir 10 morceaux “roucasse-casse” tu auras mal à la tête. Aujourd’hui quand des gens veulent écouter des albums, la plupart écoutent des chansons congolaises et pourquoi ? Tout simplement parce que les Congolais varient un peu la musique. Et je pense que nous pouvons faire pareil et même mieux. Et dans cet album, il n’y a pas que le coupé décalé. Il y a peut-être trois titres coupé décalé parce que je veux qu’on puisse écouter la musique.

Peut-on espérer une réconciliation véritable entre tous les artistes du coupé décalé ?

Aujourd’hui chacun fait son show-biz. Le coupé décalé est venu pour nous faire oublier la tristesse et aussi pour nous faire oublier les horreurs de la crise de 2002.  C’est cette essence qu’il faut garder. Au départ, le coupé décalé n’était pas une musique, c’était un life style, mais moi je suis musicien. J’ai évolué avec ce genre musical qui m’a fait connaître et disons qu’aujourd’hui, je touche vraiment à tout. Tant que les artistes coupés décalé collaborent, vous allez voir qu’il y aura une véritable tranquillité. Vous avez même vu que sur mon album j’ai invité Dj Mix, Josey, Kerozen ; c’est pour promouvoir l’unité au sein du coupé décalé. La vérité est que la musique ivoirienne était en train de descendre donc il faut unir nos forces. C’est pourquoi je dis qu’il faut que les artistes collaborent de plus en plus. Pas seulement le coupé décalé, même au niveau du zouglou, du rap…Il faut qu’on mette notre culture en valeur et ne pas se laisser envahir par la culture des autres.

Quelle est votre réaction lorsque vous êtes frustrés par l’un de vos collègues ?

Frustré par mes collègues…(Rire), écoutez, je ne suis pas un Frustré, je prends du plaisir à faire de la musique et ça se ressent. Quand on écoute ma musique, clairement tu as le reflet de ma personne. S’il m’arrive qu’on m’insulte parce que la plupart du temps on sait que Bebi Philip est calme de nature et en disant son nom tu vas te faire voir sur la toile. Les gens utilisent mon nom juste pour faire le buzz. Je ne réponds pas aux provocations.

Pouvez-vous nous en dire plus sur l’enregistrement de votre chanson à succès “Chevalier de Dieu” ?

J’ai enregistré “Chevalier de Dieu” lorsque j’ai reçu ma médaille. Quand j’ai été décoré chevalier à l’ordre du mérite culturel. Donc c’est une chanson d’action et de grâce. Une manière pour moi de dire merci à Dieu.

Quel est votre secret pour être aussi mélodieux ?

C’est le travail, l’écoute, l’humilité

Un mot de fin ?

J’aimerais profiter de l’occasion pour dire merci à toutes ces personnes qui ont eu confiance en moi, qui m’ont soutenu financièrement surtout pour la production de mon album “On The Track”. C’est le premier album qui a eu de la promotion grâce à une levée de fonds. Je remercie vraiment tout le monde, le ministère de la Culture qui m’a accompagné. J’attends encore l’aide du BURIDA. Si j’ai ramené la Côte d’Ivoire au Sénégal, c’est que je peux la ramener partout dans le monde donc j’ai vraiment besoin du soutien du ministère.

 

Innocent KONAN

 

 

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