La journée internationale de la francophonie s’est tenue le 20 Mars dans les locaux de la Folkuniversité et a été ouverte par Son Excellence l’Ambassadrice du Canada, Alexandra Volkoff.
Le temps est ensoleillée et le vent qui l’accompagne est frais et favorable en ce 20 mars, journée Internationale de la Francophonie. Celle-ci se célèbre dans l’amphithéâtre de la Folkuniversité, élégant bâtiment du siècle dernier située au pied de la colline de l’Observatoire de Stockholm.
Il est 10 heures précises quand , l’air visiblement enthousiaste , Alexandra Volkoff , Ambassadrice du Canada prend la parole devant une salle pleine à craquer : « C’est un plaisir d’accueillir tout ce monde !… ».
Plus d’une dizaine de pays sont représentés : l’Algérie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, la France, Haiti, le Laos, le Liban, le Maroc, le Sénégal, la Suède, la Tchéquie ; sans compter les ressortissants des autres pays de la francophonie, (tels ces camerounais et ces camerounaises, cette mauritanéene,et ses amies pour ne citer qu’eux) , venus à titre individuels assister à cette journée dédiée à la langue francaise dans le monde. Cette langue unit plus de 200 millions de locuteurs dans le monde et rassemble les 870 millions de personnes des 70 états et gouvernements de l’organisation Internationale de la Francophonie.
D’ailleurs, l’ambassadrice l’exprime avec ces mots : »Votre présence prouve que cette journée est importante . La France est une langue qui inclut plusieurs continents. J’habite la langue francaise. Le francais est quelque chose qui nous unit tous. Au Canada, on parle deux langues, le francais et l’anglais. Le bilinguisme a contribué énormément à l’identité nationale de mon pays ; il a contribué à sa multiculturalité, à l’enrichissement de sa culture. La langue francaise a aidé à entretenir des bonnes relations avec Haiti. Marie-Célie Agnant ici présente est un parfait exemple de ce que la Francophonie peut apporter au Canada : la diversité et l’unité ». Marie-Célie, écrivaine poétesse d’origine canadienne ( cf article précédent) est l’invitée d’honneur de cette journée particulière. Celle-ci prend la parole et exprime en ces quelques mots : « Je me sens étrange avec ce micro devant le public car l´écrivain écrit seul dans sa pièce. L’écriture est une passerelle, et un pont. Je n’ai vraiment commencé à apprécier la langue francaise qu’à mon arrivée au Canada. Il faut apprendre à aimer une langue. Je me retrouve à défendre la langue francaise .Voilà… Que dire d’autre, sinon : Vive la Francophonie ! .
L’ambassadrice reprend la parole pour annoncer l’ouverture officielle de la journée de la Francophonie.
La fête commence.
10h15 : Le programme commence avec la distribution des prix sur « Les dix mots durables pour demain ». Les voici : « ailleurs ; capteur ; clair de terre ; clic ; compatible ; désirer ; génome ;, transformer ; perenne ; vision. Les lauréats, (« La cuvée de 2009 », pour reprendre les termes de l’un des présentateurs,) sont les élèves de différentes écoles de la ville et banlieue de la capitale.
11heures. : « La douleur de l’exil » est un film documentaire tunisien d’une cinquantaine de minutes du réalisateur Alet Smits, sur la tolérance en Tunisie. Un film très émouvant, sur le paradoxe de ceux qui « se sentent en exil par rapport à leur terre alors qu’ils sont dans leur terre de rêve » .
12h30 à 13h30 : Une pause d’une heure, convertie en heure de repas, composée d’un buffet des spécialités des dix délégations citées plus haut.
13h30. La diversité en thèmes continue cette fois-ci avec la lecture de deux poèmes de Sédar Senghor extraits de son recueil « Chants d’ombre s» de 1945 . La lecture est faite par l’artiste wolof Lamine Dieng qui est accompagné à la cora à 21 cordes par son homonyme le madingue Lamine Cissokho . Lamine nous rappelle que lLe président Sédar Senghor est, avec le président Bourguiba de Tunisie et le président Hamani Diori du Niger, l’initiateur de l’idée de la Francophonie en 1962. A la question de savoir pourquoi il écrivait en francais, Sédar Senghor répondit : « Si j’écris en francais, c’est que je pense en francais.Mes sentiments sont négro-africains ». A la question de savoir pourquoi il aimait la langue francaise , il répondit: « à cause de sa clarté, de sa cohérence, de sa précision, de son rythme non chantant mais d’intensité, avec une note de monotonie qui justement fait sa poésie ». Entre ces lectures de poèmes , Lamine le wolof rappelle que le mot « Nègre » , n’a point cette connotation négative d’ici, mais qu’en Afrique, c’est une fierté. La Négritude est l’ensemble des cultures de la civilisation noire. Et la paternité du mot négritude revient à Aimé Césaire. Et de rappeler cette belle définition de la négritude: Négritude est sommet de l’âme et non sommeil de la race ».
14heures. Roger Chatelain, du trio Chatelain, nous a enchantés, transportés, avec un concert de chansons créoles et francaises : des chansons créoles comme « Haiti » ; et airs célèbres tels : « Ne me quitte pas « de l’inoubliable Jacques Brel ; « Le Métèque » de Georges Moustaki ; et tout cela avec une voix qui a charmé la totalité de la salle à tel point que cela lui a valu rappels et ovations. La surprise a été parfaite lorsque Roger Chatelain le haitien, subjugué par cette cora à 21 cordes, a invité le jeune griot sénégalais , Lamine Cissokho, de l’accompagner dans sa prestation ! Le résultat n’a été qu’applaudissements pour la beauté du morceau : ce mélange de voix et de notes résonnaient en semances d’amitié indélébiles dont nous récoltions les graines. Applaudissements pour la symbolique des rappotrs entre deux cultures autant que deux pays, et par extension deux continents !
14h30.Alain Samba du Congo, avec son groupe multiculturel, et les trois morceaux de sa propre composition , n’a pas été en reste. Comme précédemment , le rythme effrené des instruments faisait se mouvoir les corps sciemment ou inconsciemment. Quelle ambiamce !
15heures- Changement de rubrique : place à la littérature avec « le goût de la langue francaise dans mon oeuvre» titre de la prestation de l’écrivain et peintre tunisien Claude Kayat dont les extraits de ses livres qu’ils nous a lus ont donné envie de se procurer dare-dare les ouvrages en question. Ses tableaux sont exposés aux murs de la salle d’accueil. Celui-ci, qui avait commencé par l’art, a dit « qu’après avoir pénétré dans le monde silencieux de la peinture, il avait envie de se battre avec les mots. »
15h20 -Pour parfaire la diversité, un autre film, un long métrage (100minutes) de l’autrichien Andreas Gruber , une fiction : »Bienvenue en Afrique ». Film que nous pouvons résumer avec ce proverbe populaire : »Ne fais pas à l’autre ce que tu ne veux pas que l’on te fasse ».
Il est 17 heures et la soirée continue avec cette fois-ci de la danse avec les membres du Carrefour Francophone. C’est sur cette note corporelle que se termine la longue et belle journée de la francophonie ici à la Folkuniversité .
Non, la fête continue ailleurs. Au Musée de la Méditerrannée à partir de 18 heures, à guichet fermé, pour ceux qui ont pu se procurer un billet. Le titre, « Ailleurs c’est mieux qu’ici », une soirée littéraire et musicale avec l’écrivaine suisse Amélie Plume et le Duo Arlecchino . Auparavant, le « pot d’amitié » offert par l’Ambassade de Suisse !
Non ce n’était pas la journée, mais le nycthémère festif de la Francophonie