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Interview: Esse Ayeman (réalisateur béninois) : « Nous devons avoir des producteurs qui croient en la rentabilité du cinéma »

Raymond Alex Loukou | | Evènements

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Auréolé de son sacre ( Grand Prix Kodjo Ebouclé Clap Ivoire 2012 ) brillamment arraché à Abidjan du 04 au 09 septembre dernier, Essé Aymar ne veut pas se laisser griser par la gloire. Bien au contraire, il entend faire aboutir de grands projets qu’ il a pour le cinéma africain. C’ est un jeune passionné de cinéma qui nous révèle à travers cet entretien que le continent africain peut mieux à condition que les producteurs soient conscients que le cinéma est avant tout du business. Explications…

Comment as-tu accueilli le Grand Prix Kodjo Ebouclé ?
Il faut dire que j’ai accueilli avec grand bonheur et fierté ce grand prix convoité par tous les autres Réalisateurs des pays de l’UEMOA.

Avais-tu des appréhensions avant la proclamation des résultats eu égard aux autres films de que tu as regardés ?
Tout les films en compétition méritent ce grand prix. A la fin de la projection, je me suis dit que le jury a du pain sur la planche. Je respecte le travail des autres Réalisateur et je crois que c’est Dieu qui a voulu que je remporte ces prix

Tu n’étais pas du tout serein quant à l’issue du concours ?
J’étais très serein. C’est vrai que je suis venu pour gagner mais je me disait aussi que ça pouvait ne pas être moi. Du coup, je m’attendais aux deux résultats : positif et négatif.

Qu’ est-ce que ce Prix représente pour toi personnellement ?
Ce prix est un grand pas pour moi dans l’audiovisuel et le Cinéma. Voir mon œuvre récompensé à un festival de cette envergure me rend heureux et vient réconforter tout ces moments de souffrance lors de la fabrication de ce film.

La thématique du film aux dires du jury est d’actualité. Pourquoi as tu pensé à ça ?
Je suis très observateur, et crois que je dois ce sens d’observation au métier que j’ai choisi. Le thème est d’actualité et l’idée de ce film m’est venu un jour quand j’étais dans le bureau d’un grand cadre béninois, que je tais le nom, qui au lieu de me résoudre mon problème administratif, a préféré écrire à sa petite copine via facebook. La jeunesse ne fais que ça. Puisque je voudrais faire de la fiction, je me suis donné comme objectif principal du film : l’Internet peut apporter la mort. J’ai donc construit mon histoire, puis mes personnages et la faisabilité technique et artistique du film.

Une chose est de trouver le thème d’ un film, une autre est d’ écrire un bon scénario. Es-tu satisfait de ton scénario ?
Je ne suis pas satisfait à 10% de mon scéna. C’est vrai que j’ai fait plus d’un ans à écrire, réécrire ce scéna, mais étant perfectionniste, je revoie toujours mon scénario. Je suis très heureux d’avoir décroché le prix du Meilleur scénario à l’issue du festival.

Si c’était à refaire, qu’ est-ce que tu aurais changé danse le scénario ?
Si je dois reprendre ce scénario, je tiendrais compte des défauts soulevé par la Présidente du jury Madame Cathérine Ruelle en faisant disparaitre le scène du jeune frère qui est un escroc et laisserai mon actrice principal bénéficier plus de son évolution dans l’histoire.

Le phénomène internet fait-il des ravages au Bénin ?
Ce phénomène est repandu à travers le monde entier. Au bénin, au départ c’est la cybercriminalité, mais maintenant c’est facebook

C’est ta première participation à Clap Ivoire. Quelle appréciation fais-tu de l’organisation ?
Je dois avouer que c’est ma 1ère participation à Clap Ivoire mais ce n’est pas la 1ère fois que je participe à un festival. L’organisation a souffert de pas mal d’irrégularités car à un moment donné, nous étions obligé d’aller trouver à manger nous même. Nous l’avions mentionné dans le rapport que nous avions lu le soir du palmarès au Cinéma La fontaine

Penses-tu que le cinéma africain a des beaux jours devant lui ?
Oui, notre cinéma à de l’avenir car nous avons tellement de bonne histoires que les blancs ont même commencé à les exploiter. Lorsque vous regardez un film comme Drag me to Hel, l’histoire est inspirée de nos traditions africaines

As-tu des recettes particulières pour faire avancer le cinéma africain ?
Pour faire évoluer le cinéma africain, nous devons d’abord avoir des producteurs qui croient en la rentabilité du cinéma car c’est du business. Nous devons nous faire former aux métiers du cinéma afin toute une équipe de production puisse tenir le même langage cinématographique.

Clap Ivoire va s’ ouvrir à la CEDEAO l’ année prochaine. Quelle opportunité cela représente-il pour toi ?  
Je crois que c’est une bonne initiative. Il y aura plus de films donc la compétition serrait plus serrée. J’aurais même souhaité venir l’année prochaine pour compétir avec les pays de la CEDEAO, mais c’est impossible pour moi puisque je ne peux plus compétir, mais je crois que je serrai invité en tant que Lauréat Ebouclé de l’année dernière. Je ne raterai c’est événement pour rien au monde. Il y aura du cinéma africain en salle. Je vous avoue que le Bénin se prépare pour l’année prochaine aussi.

Comptes-tu faire carrière dans le cinéma ?
Evidemment, c’est ce que je sais faire le mieux. J’adore le cinéma. Depuis mon enfance, ce ne sont pas les films qui m’intéresse mais la manière dont on les fait. Maintenant que j’ai appris à faire un film à l’école du cinéma, les films m’intéressent. C’est plus qu’une passion pour moi.

Un mot en guise de conclusion…
Il nous faut beaucoup plus de rigueur dans le processus de fabrication de nos films. La production d’un film est un travail d’équipe et mérite une forte implication de toute l’équipe technique, artistique et administratif. Le cinéma africain ne peut s’affirmer que par les africains. Mais force est de constater que les étranger ont commencé à raconter l’histoire des africains aux africains. Penons donc garde et faisons aussi en sorte que le mariage de l’image et su son puisse raconter nos réalités et nos valeurs culturelles.

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