Corine Hazoumé, Ambassadeur culturel et humanitaire : ”On veut m’assassiner”

Excellence depuis le 14 février 2008 vous avez été nommée ambassadeur culturel et humanitaire en Poste à Paris. En quoi consiste votre mission ?
Nous avons pour mission de défendre les projets phares de l’Afrique : la lutte contre la fracture numérique pour le rapprochement des peuples du nord et du sud et le développement des NTIC. La formation par l’apprentissage adaptée à la jeunesse et à nos pays où tout reste à faire et à construire, la banque des femmes qui constituent la majorité de la population mondiale et qui ont prouvé leur capacité à soutenir le front social et humain et enfin le renforcement de l’agro alimentaire pour l’auto suffisance alimentaire. Promouvoir l’art, l’artisanat et la culture africaine en révélant les talents, valeurs et compétences de l’Afrique pour une meilleure image du continent et des échanges fructueux.Apporter des solutions fiables aux aspirations et priorités des populations. Lutter contre la pauvreté par le travail. Notre chancellerie est accréditée sur les cinq continents et c’est dans ce cadre là que nous agissons.

Vous avez quitté la côte d’Ivoire depuis plus d’un an et vous n’êtes plus revenue, est ce à dire que vous n’intervenez qu’à l’extérieur ?
J’ai quitté la Côte d’Ivoire le 3 septembre 2007 après le braquage de mon entreprise et les menaces récurrentes des autorités d’Abidjan qui m’ont sommée hic et nunc de quitter le pays à leur bon vouloir. S’en ai suivi plusieurs tentatives d’assassinats, des persécutions physiques et morales, vols, intimidations, braquages, rackets…la liste est interminable.

Depuis lors j’ai été nommée ambassadeur afro-européen par un consensus d’opérateurs internationaux : politique, culturel, social et économique. Je suis désormais à Paris où j’exerce. Plusieurs amis de CER’AFRIQUE et personnalités du monde m’ont fait l’honneur de venir me voir pour que je revienne à Abidjan mais ils sont loin d’appréhender la réalité. C’est pour cela que nous avons demandé une réhabilitation publique de CER’AFRIQUE à l’état de Côte d’Ivoire à travers le procès des présumés coupables pour que le peuple ivoirien qui m’est cher et la communauté internationale soient informés des graves entraves aux droits fondamentaux humains et des crimes économiques, que la lumière soit faite au grand jour car nous avons toujours travaillé dans la transparence, la probité et la culture du résultat. Nos résultats parlent d’eux-mêmes.

Pouvons-nous savoir exactement qui vous menaçait ?
Les présumés coupables du braquage de CER’AFRIQUE ont été identifiés par une enquête internationale et font déjà l’objet de plaintes que nous avons déposées dans les commissariats d’Abidjan, chez le ministre de l’intérieur et dans les grandes instances du monde. Les mis en cause sont informés de leurs accusations et n’ont pas daigné répondre à leur convocation parce qu’ils jouissent d’une protection du pouvoir d’Abidjan qui leur font croire qu’ils sont au dessus de la loi. Bien au contraire ils continuent à saboter mes installations en toute quiétude. Mais nul n’est au dessus de la loi et je me battrai jusqu’à la mort pour que la vérité et la justice triomphent.

Nous sentons que vous êtes très amère.
Les mêmes qui se goinfrent à ma table le soir, échouent devant ma porte, pleurent leurs litanies de misères sont ceux là mêmes qui le jour venu tapis dans l’ombre fomentent des coups aussi inutiles qu’improductifs pour réduire toutes mes réalisations à néant, qu’ils aient le courage de sortir des zones d’ombres et des bas fond pour se battre à la lumière dans les règles de l’art parce qu’ils ne me font pas peur. Je tiens à ma terre d’espérance, à mes frères et sœurs ivoiriens en particulier et africains en général qui m’ont toujours soutenue et rien, ni personne ne m’empêchera d’être à leur service.

Excellence auriez vous renoncé à la création ?
Avant de prendre fonction au Canada où je suis affectée l’année prochaine, nous préparons la sortie mondiale de notre nouvelle collection d’œuvres d’art baptisée GREENWHITE ou la révolution verte pour promouvoir le retour à la terre. La crise économique et financière mondiale n’épargnera aucun de nos pays, c’est dans ce sens là que nous incitons la jeunesse à s’orienter vers les métiers de l’agro alimentaire pour faire face à la famine qui s’annonce à grand pas. Nous tenons également à rassurer tous les acteurs et opérateurs culturels, nous ferons tout ce qui est entre pouvoir pour leur réserver une place d’excellence sur les scènes internationales afin que la culture africaine soit reconnue au plus haut niveau.

Nous remercions tous ceux qui au quotidien nous soutiennent par des actes concrets en particulier toutes les fédérations qui se sont impliquées avec conviction dans les programmes de solidarité active et pour la reconnaissance de la culture africaine sur l’échiquier international. Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire et l’Afrique.

Firmin Koto: