Myriam Makéba , Mamma Afrika s’en est allée. Mama Myriam Makéba , un mythe.

Pata pata: j’entendis d’abord la voix, une voix cristalline, pure, qui vous pénètre de partout. Qui met en branle tous vos sens. J’étais alors haute comme trois épis de maïs jusqu’au jour où je rencontrai la personne de qui elle émanait. Myriam Makeba. C’était donc un être humain de chair et d’os qui portait une telle voix !

Myriam Makéba : qui est-elle. D’ou vient-elle ?
Elle vint au monde le 4 mars 1932 à Johannesburg, en Afrique du Sud, en plein milieu de l’Apartheid. Adolescente, celle-ci eut aimé continuer ses études, mais une loi, appelé le Bantou Education Act, interdisait à toute personne non blanche l’école au-delà de 16 ans. Heureusement, celle avait un don : sa voix. Aussi, elle intégra le groupe Cuban Brothers à Johannesbourg, puis les Manhattan Brothers, puis l’African Jazz and Variety en 1959 où elle rencontra le trompettiste Hugh Masekela, qu’elle épousera cinq ans après. La même année, elle se rendit aux USA où elle chanta au Madison Square Garden devant le président Kennedy. Lorsqu’elle voulut rentrer au pays en 1960 après le Massacre de Sharpeville, elle fut refoulée. Ainsi commença un long exil qui dura trente ans. Elle fut surnommée Mama Africa après son vibrant discours aux Nations Unies contre l’apartheid. Quand elle se remaria en 1968 avec Carmichael, leader des Black Panthers, poursuivie par le FBI, elle se réfugia en Guinée. Elle retournera dans son pays à la fin des années 90.

Myriam Makéba reste une grande figure de l’histoire contemporaine. Elle a été de toutes les batailles. Au plus haut de la lutte pour la reconnaissance de la culture africaine, on l’a vue dans ses tenues traditionnelles, portant des nattes superbes ou en coiffure Afro, devant des audiences internationales. On l’a vue chanter en langue africaine, kiswahili, xhosa, mandingue etc… Celle-ci a œuvré pour la lutte des droits de l’homme, pour la justice, pour l’autodétermination des peuples opprimés. Ton combat n’aura pas été en vain. Tu auras vu ton pays libéré, tu auras vu Mandela élu : tu auras vu Obama élu. Myriam, inlassable combattante pour la liberté de l’homme..

Hier encore, après avoir prêté ta voix lors d’un concert de soutien à Naples à l’écrivain Roberto Saviano, menacé de mort par la maffia, tu as été emportée par une crise cardiaque. Qui donc a dit, voir Naples et mourir ? Egoistement, nous aurions souhaité te revoir, t’entendre, t’écouter de nouveau, lors d’un concert à l’occasion de l’investiture du président Obama. Mais la vie en a décidé autrement. Au fait, les mythes meurent-ils jamais ? Nous sommes sûrs que tu vas de ce pas rejoindre les anges. N’oublie pas de leur fredonner « Malaïka ». Merci pour tout. Myriam, je voudrais te dire ceci : Nakupenda , Myriam.. Pour l’instant laisse-moi aller absoudre l’émotion qui m’étreint en esquissant ton célèbre pas de danse de Pata,Pata.

Brigitte Gacha: