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Côte d’Ivoire: des spécialistes alertent sur les maladies cardiovasculaires

Jonas Kouassi | | Santé et Bien-être
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À quelques jours de la Journée mondiale du cœur, la Fondation Cœur Citoyen a réuni plusieurs spécialistes à Yopougon pour réfléchir à la prévention et à la prise en charge des maladies cardiovasculaires. Une rencontre où cardiologues, pneumologues, néphrologues et biochimistes ont insisté sur une même nécessité : mieux prévenir pour mieux soigner.

Le cœur ne peut plus être considéré comme un organe isolé. C’est l’un des principaux enseignements de la rencontre organisée le samedi 26 septembre à Yopougon par la Fondation Cœur Citoyen, en prélude à la Journée mondiale du cœur du 29 septembre.

Placée sous le thème « Utiliser son cœur pour agir », cette pré-journée scientifique a réuni plusieurs professionnels de santé autour des maladies cardiovasculaires et métaboliques. L’objectif était de confronter les regards et les connaissances afin de mieux comprendre les interactions entre différentes pathologies et d’améliorer le parcours de soins des patients.

Le cœur au centre d’une prise en charge plus globale

Cardiologie, pneumologie, néphrologie, biochimie, diabétologie ou encore santé mentale, la diversité des spécialités présentes à Yopougon n’était pas fortuite. Les maladies chroniques se croisent souvent et peuvent se renforcer mutuellement, ce qui impose une prise en charge qui dépasse les frontières d’une seule discipline.

Pour Caroline Coulibaly, secrétaire générale de la Fondation Cœur Citoyen, cette dimension pluridisciplinaire constitue précisément l’un des intérêts majeurs de la rencontre. Elle estime que le dialogue entre spécialistes permet de mieux prendre en compte l’ensemble des facteurs qui entourent un patient atteint d’une maladie métabolique ou cardiovasculaire.

Cette approche prend tout son sens lorsqu’on observe les liens entre les différentes pathologies chroniques. L’Organisation mondiale de la santé rappelle que les maladies cardiovasculaires sont la première cause de décès dans le monde et que leurs principaux facteurs de risque comprennent notamment une alimentation déséquilibrée, l’inactivité physique, le tabagisme, l’usage nocif de l’alcool et l’obésité.

La Côte d’Ivoire n’échappe pas à cette réalité. Les données de l’OMS sur le pays montrent notamment que les accidents vasculaires cérébraux et les cardiopathies ischémiques figurent parmi les principales causes de décès recensées en 2021.

Dans ce contexte, la prévention ne peut pas se limiter à attendre l’apparition des symptômes. Elle passe aussi par le dépistage, le suivi médical, l’éducation des patients et une meilleure connaissance des facteurs susceptibles d’augmenter le risque cardiovasculaire.

Cette nécessité rejoint d’ailleurs le message porté cette année par la Fédération mondiale du cœur. Pour la Journée mondiale du cœur 2026, sa campagne « Don’t Miss a Beat » invite notamment à ne pas négliger les signes et symptômes qui peuvent passer inaperçus.

De l’asthme à l’insuffisance cardiaque, les spécialistes croisent leurs expertises

L’une des communications de la rencontre a précisément illustré cette logique de décloisonnement. Le professeur Médard Serge Domoua, spécialiste en pneumologie, a consacré son intervention aux relations entre l’asthme et les maladies cardiovasculaires.

Sous le thème « Asthme et maladies cardiovasculaires : une association bidirectionnelle », sa présentation a mis en évidence la nécessité de considérer les différentes pathologies d’un même patient dans leur ensemble. Une approche particulièrement importante lorsqu’il s’agit de maladies chroniques qui exigent un suivi dans la durée.

La formation des professionnels constituait également un autre volet important de cette journée. Pour les organisateurs, ce type de rencontre offre aux praticiens un espace d’échange et de mise à jour des connaissances, tout en favorisant une meilleure harmonisation des pratiques.

Le professeur Bamba Kamagaté Djenemba, professeur titulaire de cardiologie à l’Institut de cardiologie d’Abidjan, a pour sa part consacré son intervention à l’insuffisance cardiaque. Selon les éléments présentés lors de la rencontre, sa prévalence dépasserait 20 % en Côte d’Ivoire et le coût de sa prise en charge pourrait dépasser 400 000 FCFA.

À l’échelle mondiale, l’insuffisance cardiaque constitue effectivement une complication majeure de nombreuses maladies cardiovasculaires. La progression de ces pathologies explique l’importance accordée aujourd’hui au dépistage précoce et au contrôle des facteurs de risque.

La question de l’alimentation a également occupé une place dans les échanges. Le professeur Absolom Mondé, chef du service de biochimie du Laboratoire central du CHU de Treichville, a notamment évoqué les travaux consacrés à l’huile de palme et aux paramètres lipidiques.

Sur ce sujet, les résultats scientifiques disponibles ne permettent toutefois pas de réduire la question à l’opposition entre « bonne » et « mauvaise » huile. Des travaux ont observé des effets différents selon l’huile utilisée en comparaison, notamment sur le LDL et le HDL, tandis que l’OMS poursuit l’examen des données relatives aux huiles tropicales.

Cette prudence rappelle surtout l’importance d’un message de prévention fondé sur l’ensemble de l’alimentation et du mode de vie plutôt que sur un seul aliment. La réduction des facteurs de risque, le suivi médical et la détection précoce restent au cœur des stratégies de prévention cardiovasculaire recommandées par l’OMS.

À travers cette rencontre, la Fondation Cœur Citoyen entend ainsi inscrire la prévention dans la durée. À Yopougon, les spécialistes ont surtout rappelé qu’une meilleure santé cardiovasculaire passe aussi par la circulation des connaissances entre professionnels et par une information plus accessible aux populations.

À l’occasion de la Journée mondiale du cœur, célébrée le 29 septembre, ce message prend une résonance particulière : connaître ses facteurs de risque, reconnaître les signes qui doivent alerter et consulter suffisamment tôt peuvent contribuer à éviter certaines complications.

Jonas Kouassi

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