L’histoire coloniale des peuples d’Afrique revisitée par Brice Patrick Ngabellet

Brice Patrice Ngabellet fait partie de la nouvelle génération d’écrivains africains qui allient tradition et modernisme dans leurs écrits. Son tout premier coup d’essai intitulé Le totem du roi abonde dans ce sens et met en parallèle deux civilisations : une africaine et une autre occidentale.
Une façon pour l’auteur de revisiter une fois de plus l’histoire coloniale des peuples d’Afrique centrale. L’on dira que Brice Ngabellet a la nostalgie de son Congo natal, mais que non ! : « Dans mon œuvre, je souligne le côté divertissant et je cherche à montrer la particularité de cette quête d’objet perdu par un roi africain sur lequel reposait toute sa puissance. Pour ce faire, j’associe beaucoup la dérision et l’humour pour raconter ce récit outre le fait que j’aborde des questions essentielles liées aux us et coutumes du royaume Ki-Kôta.», précise-t-il.
En effet, s’appuyant sur des rites et rituels, des symboles et croyances foncièrement tirés chez les peuples africains en général, Le totem du roi raconte l’histoire de Ntalamoussa, roi respecté, vénéré et en même temps très craint par ses sujets. C’était le bon roi qui prenait toujours les bonnes décisions et veillait sur son peuple. Mais tout va aller de mal en pis quand Kouama, le gardien du palais, remet par inadvertance à l’arrivée du premier Blanc une peau de lion dans laquelle se trouve cachée toute la puissance et la force mystique du roi Ntalamoussa, ainsi qu’une poignée de terre représentant une partie de son territoire. Legendre, l’Européen, sans véritablement mesurer la portée de son geste, repart avec le précieux sésame sur son continent.
D’autre part, c’est le travail de recherche que va s’adonner l’équipe du professeur Fritz à travers dix étudiantes dont Odile Levachelier depuis les salles de cours de la Sorbonne de Paris jusqu’aux confins d’une partie de l’Afrique centrale. Leur mission : retrouver la peau de lion et la poignée de terre emportées par le Blanc et les renvoyer au Ki-Kôta.
Dans cet ouvrage, Brice Patrice Ngabellet fait un retour sur ses origines tout en mettant l’accent sur le rêve pour décrire et montrer la vie de la campagne d’autrefois avec tout le symbolisme et les mystères qui vont avec : l’épreuve du poison (pour rechercher justice), la mésalliance (aucun Bantou ne devait se marier à un Pygmée) ou la croyances aux esprits et aux forces occultes, etc. Même si, pour ce premier livre, l’écriture semble peu cohérente, le texte assez déroutant et les personnages pas faciles à identifier, il faut saluer ce premier coup d’essai qui est avant tout une quête identitaire à travers le métissage de son personnage principal Odile Levachelier, née d’un père congolais et d’une mère française et à qui se révèlent au travers des rêves les us et coutumes du village rejetées par son père.
