Tapé-Daléba Natty Eric, l’envol d’un maître dans la pure exaltation de la recherche.
Notre monde voile sa vraie nature par trois mots fortement liés : la souffrance, la douleur et le bonheur. Visiblement, il est vrai que chacun de nous se nourrit d’obstacles dits majeurs pour prétendre au plaisir du bonheur. A quel moment de notre vie, saurions-nous, le sens réel de notre devenir en face de cette calamité?
A travers une sélection des œuvres majeures de l’artiste saxophoniste, compositeur et ethno musicologue Tap Sax par le comité scientifique des médiateurs ou curateurs de la ville de Paris, News York, Londres, Berlin et Stockholm le 20 mai 2013, s’en est décidé une toute première rétrospective d’un avant-goût du travail scientifique du maître de la parole à vent, Tapé-Daléba Natty Eric (1980-2012) en Côte D’Ivoire, France et en Suède.
Cette grande preuve d’amour pour notre très sommité, marque avec une précision le parcours avec ardeur de cette figure emblématique ivoirienne de la recherche musicale sur la créativité et analyse des procédés de composition du « Tohourou ».
Membre des unités de recherche du laboratoire Approches Contemporaines de la Création et de la Réflexion Artistiques (ACCRA), Tapé-Daléba est avant tout enseignant chercheur à l’Institut National Supérieur des Arts et de l’Action Culturelle d’Abidjan précisément à l’École nationale de Musique et à l’Université de Strasbourg. De ses premiers pas dans le sanctuaire de la musique inspirée par son génie de praticien du chant, de la flûte à bec et sa fibre de réflexion sur les enjeux de la création, ses œuvres sonores dialoguent avec appétit à celle des œuvres classiques des grands maîtres ancestraux.
Après une formation de qualité, son œuvre reflète plus de maturité et s’affirme dans le répertoire des axes de la création musicale universelle. Basé en France dans la capitale de l’Union Européenne (Strasbourg) et celle de la Côte d’Ivoire, Tap Sax a conquis le monde de la musique de par sa q sa plume de chercheur et des codes vocales mielleuse de son saxophone, sa seconde épouse. Cet héritage culturel a été possible grâce à son dévouement très accru, ainsi qu’aux personnes calées, frappant par la qualité de leur savoir, pour ne citer que le Pr émérite Roger Somé, son directeur de thèse.
La veritable puissance des codes du pouvoir culturel ou la force des travaux de Sax( pour les intimes), se résume à cette clé qui lui confère tous pouvoirs de décortiquer dans l’univers musical, les divers procédés de créations. Cette faculté d’où ce charisme qui lui est propre et qui le singularise.
« Musicien et musicologue au parcours musical d’une grande richesse, ses diverses expériences dans les domaines du chant choral, de la composition, de la pratique des instruments à vent et de l’enseignement lui ont value de nombreuses compétences qui stigmatisent une personnalité créative, dotée d’un irrésistible besoin de communiquer.
TAPE-DALEBA Natty Eric, fils d’une famille nombreuse, naît à Marcory-Abidjan, le 03 janvier 1980 en Côte d’Ivoire. Sa mère, secrétaire de Direction et son père, comptable de formation, lui assurent une éducation studieuse et responsable orientée vers le travail. Très tôt, à l’âge de douze (12) ans, l’enfant se passionne pour la musique, et sa mère voyant sa santé très fragile, l’encourage parce que persuadé que la pratique de la musique l’aidera à retrouver paix et réconfort.
Amoureux du chant choral et de la flûte à bec, son goût pour cet instrument lui a été transmis par Léopold ANOMA dans les jardins des 4 étages à Abobo. Cette aventure se transmuta au collège où il est charrié par ses camarades et est considéré comme l’élève ayant pour matière de base la musique.
En 1995, il est admis au concours d’entrée du Lycée d’Enseignement Artistique (LEA) où, il acquiert une excellente formation musicale théorique et pratique. Au terme de ce parcours irréprochable (Major de promotion), il obtint le Baccalauréat H2, option musique avec mention en 1998.
Sa formation musicale trouve son point d’application effective dans la jeune chorale des Anges de la paroisse Saint François Xavier d’Abobo. Là, il tient successivement le rôle de choriste ténor, chef de pupitre, instrumentiste et chef de chœur ainsi que dans l’orchestre d’harmonie des collèges Méthodistes (au CSP de Cocody) depuis 1996. Sa pratique du saxophone le conduit à rencontrer Mahan DAPLEU, Nicolas KAKOU et Jacques SAKO tous amateurs de saxophone, et occupe les places de saxophoniste alto, puis baryton et de chef d’orchestre adjoint auprès du maître Pascal KOUA.
A partir de son expérience de chef de chœur et d’orchestre, il contribua à la formation de nombreux maîtres dont le plus illustre est son ami Thierry DIOUF.
En 1998, après l’obtention de son baccalauréat H2, il réussit le test de l’Ecole Nationale de Musique (ENM), et est orienté, la même année, à l’Université de Cocody au département de Musique et Musicologie où il suit un enseignement classique, et sort titulaire, en 2007, du Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA). A l’ENM, il sortira munit du Diplôme d’Etudes Supérieures artistiques (DESA). Sur concours, il est déclaré admis au Centre de Formation Pédagogique pour les Arts et la Culture (CFPAC), d’où il sortira major après deux (02) années de formation.
Depuis le mois de décembre 2004, il exerce à l’Ecole Nationale de Musique et au Conservatoire National de Musique (CNM), en tant qu’enseignant de formation musicale, de culture auditive (solfège) et de saxophone.
En 2005, il crée avec ses étudiants d’alors, le sextuor à vent qui deviendra plus tard le groupe Oxygène. Ce groupe était une classe expérimentale de formation instrumentale – saxophone, mais également balafon, percussion, guitares et batterie- de transcription et de composition inspirée du patrimoine traditionnel et populaire national. Il débuta, paradoxalement, cette aventure par l’interprétation de pièces musicales classiques et jazz. On pourrait citer comme membre de ce mythique groupe en plus d’Eric, Christian KAPET, Anicette WEI, Charles BOYE, Hyppolite KOUTOUAN, Victoire WAMEOGO, Gnahoui DAVID, Evelyne TAGRO, Stéphanie KASNER (tous saxophonistes) et Donatien KONE (au balafon), Ange SEPI (percussionniste), AZIA (batteur), Isaac BADIEL (guitare basse), BOTI BI Balélézin (guitare rythmique et solo), et Stéphane DIGAN (lead vocal).
Depuis l’an 1998, il apparaît sur de nombreuses jackets et scènes musicales et vit de belles expériences avec des groupes tels que le prodigieux groupe religieux Schekina, le très incompris groupe de rock Blacks Devis, la sulfureuse chanteuse gospel Constance et est présent sur des scènes avec AMEDE Pierre, N’DOUBA Kadjo, ANOUMA Brou Félix, YO Claude alias GBAHI GODO, pour ne citer que ceux là…
Par ailleurs, passionné de recherche, Eric TAPE-DALEBA évolue depuis 2002 sur plusieurs terrains de réflexion musicologique ; (1) les transferts remarqués dans le passage des musiques traditionnelles aux musiques modernes, (2) l’esthétique des musiques urbaines, (3) la créativité et les procédés de composition des traditions musicales en Côte d-Ivoire.
Si son œuvre n’est pas débordante à l’instar d’un Beugré GAHI (maître de chapelle de la Basilique Notre Dame de la Paix de Yamoussoukro et organiste), d’un Schoenberg, ou encore d’un Iannis Xenakis, il reste clair, en revanche que son avenir artistique nous laisse présager d’une prolixité dans les domaines de la composition et de la recherche en musicologie. Affaire à suivre…
La prise de responsabilité précoce dont il fait preuve dans sa carrière professionnelle s’allie convenablement avec sa volonté de maintenir une vie de famille et de couple équilibrés. Il se maria le 08 Septembre 2007 à la tendre Elogne Marie. De cette union naquit le 17 février 2009, Lili Franck-Yann.
Aujourd’hui, inscrit sur les sentiers tumultueux de la thèse, Eric TAPE-DALEBA se dévoue à un travail de terrain sur la musique Tohourou de Côte d’Ivoire. »
Désiré Amani