Loin du Woroba, une flamme culturelle refuse de s’éteindre à Nanterre

Le 26 septembre 2026, une nouvelle association franco-ivoirienne dévoile son projet : préserver et transmettre l’héritage culturel koyaka au sein de la diaspora. Portrait de Franzika Den, un collectif né d’une conviction simple, celle de ne rien oublier.
Il y a des projets qui naissent d’un manque. Celui d’une langue qu’on entend de moins en moins autour de la table familiale. Celui de traditions qui s’effacent doucement, génération après génération. Celui d’un lien avec la terre natale qui finit par se distendre. C’est précisément ce vide que Franzika Den a décidé de combler.
Portée par Fofana Nawa Naomie, cette jeune association s’apprête à vivre son tout premier grand rendez-vous public. Son ambition tient en une phrase : rassembler, en France comme ailleurs en Europe, la communauté originaire du Woroba, et en particulier la culture koyaka, autour d’un même objectif, celui de perpétuer ses racines.
Une association pensée comme un pont entre les générations
Derrière ce nom aux consonances chaleureuses se cache un projet mûrement réfléchi. Franzika Den n’est pas une structure associative comme les autres. C’est avant tout un trait d’union, entre les jeunes et les anciens, entre le pays d’origine et la terre d’accueil.
L’objectif est clair. Transmettre la langue koyaka aux plus jeunes, souvent nés loin du Woroba et parfois éloignés de cet héritage familial. Renforcer la solidarité au sein de la communauté. Offrir des occasions de se retrouver, d’échanger, et surtout de se reconnaître les uns dans les autres.
Car dans chaque diaspora sommeille la même crainte, celle de voir s’effriter, au fil du temps, ce qui fonde l’identité d’un peuple. Franzika Den répond à cette inquiétude avec une devise qui résume à elle seule tout son engagement : « Nos racines, notre combat ».
L’association ne se contente pas de conserver un patrimoine comme on range un souvenir dans un tiroir. Elle veut le faire vivre, le rendre visible, le partager bien au-delà de son cercle d’origine. Une manière d’affirmer que la culture koyaka a toute sa place dans le paysage pluriel de la France d’aujourd’hui.
Le 26 septembre, le Woroba s’invite à l’université de Nanterre
C’est à Nanterre université que tout se jouera. Le samedi 26 septembre 2026, dès 14h30, adhérents, invités d’honneur et curieux se retrouveront pour l’inauguration officielle de Franzika Den, sous un thème évocateur : « Le Woroba rayonne en France ».
Passé le temps de l’accueil, le programme officiel démarrera à 15h30. L’association y présentera son histoire, ses valeurs fondatrices et les projets qu’elle compte porter dans les années à venir. Une feuille de route pensée pour s’inscrire dans la durée, bien au-delà de cette seule journée.
Mais que les amateurs de discours institutionnels se détrompent, cette cérémonie ne se limitera pas à des prises de parole. Elle promet d’être une véritable immersion culturelle.
Au programme, des interventions marquantes, des animations musicales portées par un chanteur invité, et surtout une dégustation de spécialités culinaires du Woroba, pensée pour réveiller les papilles autant que les souvenirs. Une façon simple mais puissante de faire voyager les convives, le temps d’un après midi, jusqu’aux terres d’origine.
Point d’orgue de cette journée, un moment entièrement consacré à la transmission de la langue aux enfants. Une prestation imaginée pour montrer que la jeunesse née loin du Woroba peut, elle aussi, s’approprier cet héritage linguistique et le porter fièrement à son tour.
En mêlant officialité, culture et convivialité, Franzika Den signe une entrée en scène qui lui ressemble. Ni simple cérémonie protocolaire, ni fête purement folklorique, cet événement s’annonce comme un moment fort en faveur de la mémoire, de la transmission et de la fierté culturelle.
Une chose est sûre. Le 26 septembre prochain, à Nanterre, ce ne seront pas seulement des discours qui résonneront dans les couloirs de l’université. Ce sera tout un pan de l’identité ivoirienne, porté par ses enfants d’exil, qui affirmera qu’il n’a pas l’intention de s’effacer.
Firmin KOTO