Depuis plusieurs jours, la chambre nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire est sous tension. Une discorde entre le roi Awoulae Amon Tanoé et le chef coutumier Yoro Gouahouri Mathias. Le roi Awoulae Amon Tanoé estime que les rois n’ont pas été associés à la cérémonie d’hommage au chef de l’État que préparent les chefs coutumiers. D’où la divergence se crée.
A la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire (Cnrct-CI), un bras de fer, à travers des communiqués, oppose le roi Awoulae Amon Tanoé, président du Directoire, à Yoro Gouahouri Mathias, président du Conseil supérieur des chefs coutumiers.
La raison de cette altercation est la cérémonie d’hommage au chef de l’État que préparent les chefs coutumiers. Car le roi Awoulae Amon Tanoé estime que les rois n’ont pas été associés à cette initiative dont il semble revendiquer l’exclusivité et redoutant un coup fourré dans la sourde guerre de leadership.
Le président du Directoire a volé dans les plumes des organisateurs qu’il a traités de « dissidents » et « d’imposteurs ».
Et c’est le branle-bas de combat à la Cnrct-CI où les 8.000 chefs traditionnels, les 417 chefs de canton et les 17 rois ne savent plus quel parti prendre. Car dans la tourmente du clientélisme et de la corruption rampante, où chacun prêche pour la chapelle de ses intérêts.
L’article 6 de la loi n°2014-428 du 14 juillet 2014 portant statut des rois et chefs traditionnels est durement malmené. Pourtant, très clair et sans équivoque, il dispose: « Les rois et chefs traditionnels sont soumis aux obligations d’impartialité, de neutralité et de réserve. Ils doivent s’abstenir d’afficher leur appartenance politique ».
Nous espérons que ce litige sera résolu très rapidement car la chambre nationale des rois et chefs traditionnels est le porte-flambeau des traditions ivoiriennes.
Aboubacar SANOGO