Au terme d’une finale épique et électrique au stade Prince Moulay Abdellah, les Lions de la Teranga ont terrassé le Maroc (1-0) après prolongation ce dimanche 18 janvier 2026. Dans une atmosphère suffocante, le Sénégal a fait preuve d’une résilience héroïque pour s’offrir le trône africain et doucher les espoirs de tout un peuple.
Il y a des soirées qui font basculer le football dans une autre dimension. Celle vécue à Rabat pour cette clôture de la CAN 2025 en fait indéniablement partie. Sous les projecteurs d’un stade incandescent, le duel entre les deux géants du continent a tenu toutes ses promesses, mêlant tension tactique, exploits de gardiens et un scénario final que même les meilleurs scénaristes d’Hollywood n’auraient osé imaginer.
Une finale au bord de la rupture : entre tension et miracles
Dès le coup d’envoi, l’enjeu a semblé peser sur les vingt-deux acteurs. Pourtant, ce sont les Sénégalais qui ont allumé les premières mèches. Pape Gueye, d’une tête rageuse, a forcé Yassine Bounou à un arrêt réflexe dont lui seul a le secret. Portés par 65 000 supporters acquis à leur cause, les Lions de l’Atlas ont répliqué par les fulgurances d’Abde Ezzalzouli et la science du placement d’Ayoub El Kaabi, sans toutefois parvenir à briser le verrou de la charnière Niakhaté-Sarr, impériale malgré l’absence de Kalidou Koulibaly.
Le tournant psychologique du match est survenu à la toute fin du temps réglementaire. Alors que le score était toujours de 0-0, le Maroc a obtenu un penalty controversé après une consultation de la VAR, provoquant la colère noire du clan sénégalais.
Dans un moment de confusion extrême, les joueurs de Pape Thiaw ont un instant quitté la pelouse avant de revenir, portés par le sens du devoir. C’est alors qu’Édouard Mendy est entré dans l’histoire : face à Brahim Díaz qui tentait une panenka audacieuse, le portier sénégalais est resté de marbre pour capter le ballon, envoyant les deux équipes en prolongation dans un silence de cathédrale.
Le sacre de la maturité : Pape Gueye libère la Teranga
Le destin a choisi son camp dès l’entame de la première période supplémentaire. À la 94e minute, après un travail d’orfèvre d’Idrissa Gana Gueye, le ballon est revenu dans les pieds de Pape Gueye à l’entrée de la surface. Sans trembler, le milieu de terrain a déclenché une frappe pure du gauche qui est venue se loger dans la lucarne de Bounou. Un but synonyme de délivrance et de sacre pour cette génération dorée qui, trois ans après son premier titre, prouve qu’elle n’a rien perdu de sa superbe.
Malgré une pluie battante et les assauts désespérés des Marocains dans les derniers instants, le Sénégal a tenu bon. Au coup de sifflet final, les pleurs de tristesse des locaux ont croisé les larmes de joie des coéquipiers de Sadio Mané, élu meilleur joueur du tournoi. Ce succès 1-0 permet au Sénégal de décrocher sa deuxième étoile et de confirmer sa suprématie sur le football africain.
Pour le Maroc, la quête d’un titre continental depuis 1976 continue, mais cette finale restera comme le symbole d’une Afrique du football moderne : intense, dramatique et indécise jusqu’au bout de la nuit.
Innocent KONAN