Cameroun : crise ouverte avant la CAN — Marc Brys refuse de quitter, deux listes et une fédération divisée

À moins de deux semaines du lancement de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc, le Cameroun se retrouve plongé dans une crise institutionnelle sans précédent qui fragilise profondément la préparation des Lions Indomptables. Au cœur de ce tumulte : un conflit ouvert entre l’entraîneur belge Marc Brys et le président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), Samuel Eto’o.
Un limogeage contesté et un entraîneur qui refuse de partir
La Fécafoot, dirigée par l’ancien grand attaquant Samuel Eto’o, a annoncé le limogeage de Marc Brys en début décembre. Officiellement, il est remplacé par l’entraîneur camerounais David Pagou à la tête de la sélection nationale.
Mais Brys — qui soutient qu’il n’a jamais reçu de notification officielle de licenciement et qu’il est sous contrat avec le ministère des Sports jusqu’en 2026 — refuse catégoriquement de quitter son poste et se considère toujours comme le sélectionneur légitime des Lions Indomptables.
Le ton est monté entre les deux hommes : Brys a qualifié Eto’o de « narcissique » et dénoncé ce qu’il considère comme une tentative de mise à l’écart arbitraire, notamment parce qu’il avait inclus certains cadres dans sa vision sportive.
Deux listes, un seul objectif : la CAN
Le point de rupture s’est matérialisé de façon spectaculaire lorsque Brys a publié sa propre liste de 28 joueurs pour la CAN, malgré son licenciement annoncé. Cette « contre-liste », comprenant des stars telles qu’André Onana, Vincent Aboubakar et Eric Maxim Choupo-Moting, contredit directement la composition dévoilée par la Fécafoot sous la direction de Pagou.
De son côté, la Fécafoot a choisi d’omettre plusieurs figures majeures du football camerounais dans sa propre liste, privilégiant d’autres profils. Cette divergence radicale entre les deux sélections met en lumière une fracture profonde entre direction fédérale et structure gouvernementale dans la gestion de l’équipe nationale.
Un contexte politique et sportif tendu
Le Cameroun aborde cette CAN dans un climat déjà fragilisé par l’échec à se qualifier pour la Coupe du monde 2026, un revers fortement imputé à la gestion de Brys avant la crise actuelle.
La bataille d’égo et de pouvoir entre un président de fédération légendaire et un entraîneur qui refuse de lâcher prise dépasse désormais le cadre purement sportif. Elle soulève des questions sur l’organisation interne du football camerounais et la capacité à préserver la cohésion d’une équipe très attendue sur la scène continentale.
Quel impact pour les Lions Indomptables ?
Avec la deadline de soumission des listes imminent et la CAN qui débute dans quelques jours, ce dualisme de leadership risque d’avoir des répercussions sportives concrètes : confusion dans le vestiaire, incertitude chez les joueurs, et potentiellement un impact négatif sur la performance collective.
Pour l’instant, aucune issue claire n’a été actée, et la décision finale sur quelle liste sera retenue par la CAF reste en suspens, alors que la crise continue de déchirer l’équipe nationale.
Firmin Koto
Mots-clefs : Marc Brys