Retrouvailles Haïti-Bénin : la mémoire fait vivre l’éducation

La capitale béninoise, Cotonou, abrite du 16 au 18 novembre un événement sans précédent, la première édition des journées de « Retrouvailles haïtiano-béninoises ».

Ces rencontres  visent la vulgarisation et  la promotion de la culture haïtienne comme prolongement de l’Afrique d’une part, et au traçage d’une passerelle entre le continent africain et Haïti, d’autre part. Un pont que les promoteurs de ces journées souhaitent établir en tablant sur la jeunesse, avenir du continent.

Cet événement est une plateforme éducative pour les jeunes et un repère d’échanges entre deux peuples frères.

Hommes de l’autre rive, ils viendront et seront accueillis comme chez eux, dans une sorte de retour aux sources.

L’Afrique c’est ce contient qui reçoit tous, sans noyé aucun, dans la méditerranée. Ici, l’étranger n’est pas un personnage étrange. Mais « un autre dieu ». Il mérite affection, hospitalité et amour,  cela est enseigné depuis des siècles par les ancêtres. Ces principes ancrés dans les us du continent, constituent un socle de la culture africaine. La mondialisation et la globalisation ne sont pas une nouvelle sous ce ciel, ni des prétextes économiques, mais des valeurs existentielles.

Ces deux peuples feront le lit de ce buffet du partage des cultures béninoise et haïtienne. Au menu, un ensemble de conférences-débats et de festivités culturelles, axés sur  « le patrimoine social et culturel des deux peuples ».

Depuis l’entame en 1960 de la coopération Cotonou – Port-au-Prince, les  initiatives en faveur du rapprochement des cultures se multiplient.  Le jumelage des musées ethnographiques de Porto-Novo avec le Bureau d’ethnologie d’Haïti et plusieurs accords de coopération dans le domaine de l’éducation sont des acquis majeurs. Les Universités des États organisent des échanges de compétences à distance, des visites d’étudiants et de professeurs, ainsi que des recherches conjointes. Cette volonté affichée par les dirigeants de part et d’autres n’est pas fortuite. Elle permet de cimenter les relations entre deux peuples encore porteurs de pratiques culturelles communes que les siècles d’esclavage, de colonisation n’auront pas altéré. En Haïti comme au Bénin, on pratique encore les cultes et religions traditionnelles, notamment le Vodou. Plusieurs richesses artisanales et artistiques relient les lettres des populations béninoise et haïtienne.

Comme le Bénin, les pays africains commencent peu à peu à engager la traversée pour connaitre leurs descendants au Brésil, à Cuba ou en Jamaïque. Et vice versa. La reconnaissance de la route de l’esclave est à cet effet en cours en Côte d’Ivoire.

L’Afrique à travers cette initiative béninoise fait ainsi le point de ses potentialités afin de mieux donner au rendez-vous de la diversité et de la culture de l’universel, vers laquelle converge le monde.

 

Cyril Verb

Cyril Verb: