Paris : l’humoriste Bun Hay Mean s’éteint tragiquement

Portrait de l’humoriste Bun Hay Mean qui se produit tout l’été à l’Européen
Photo LP / Fred Dugit

Tristesse dans le monde du spectacle : Bun Hay Mean, humoriste connu sous le pseudonyme « Chinois marrant », est décédé ce jeudi 11 juillet 2025 à Paris, à l’âge de 43 ans. Son corps a été découvert au pied d’un immeuble dans le 17e arrondissement, après une chute mortelle depuis le huitième étage.

D’après les premières constatations, l’artiste aurait tenté de récupérer son téléphone tombé dans la gouttière de son balcon, perdant l’équilibre au passage. Son producteur, Philippe Delmas, a annoncé la nouvelle avec émotion : « C’est avec une infinie tristesse que nous devons vous annoncer la disparition tragique de notre ami, notre immense artiste, Bun Hay Mean. »

Sur place, les secours et les forces de l’ordre ont constaté l’absence de lettre d’adieu. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes du drame, mais la piste accidentelle est désormais privilégiée.

Un parcours marqué par l’audace et la résilience

Révélé au Jamel Comedy Club au milieu des années 2010, Bun Hay Mean s’était imposé comme l’une des voix les plus singulières du stand-up français. Originaire de Bordeaux et diplômé en informatique, il avait tout quitté pour tenter sa chance à Paris — un choix courageux, qui l’avait conduit, un temps, à vivre dans la précarité.

« Je faisais marrer 2000 ou 3000 personnes et une heure plus tard, j’étais à l’arrêt du tram à dormir seul. Un ascenseur émotionnel », confiait-il en 2017.

Son humour corrosif, son débit rapide et son art de l’improvisation l’ont rendu incontournable sur scène. Il n’hésitait pas à démonter les stéréotypes et les idées reçues, avec une énergie débordante et une franchise désarmante.

Du stand-up aux plateaux de cinéma

Le grand public l’avait découvert dans le film « Astérix & Obélix : l’Empire du milieu » de Guillaume Canet en 2023, où il incarnait le principal antagoniste aux côtés de Vincent Cassel et Manu Payet. Ce rôle lui avait apporté une visibilité nouvelle, dont il se disait à la fois fier et surpris : « Ce qui me fait bizarre, c’est de me dire que dans vingt ans, je passerai encore à la télé. »

Après deux spectacles joués dans de grandes salles à Paris et en province, il travaillait depuis plusieurs mois sur un troisième one-man-show, « Kill Bun », qu’il devait présenter le lendemain de sa mort à Montréal.

Un artiste tourmenté, mais déterminé

Ces dernières années, Bun Hay Mean avait traversé des épisodes difficiles. Fragilisé par le contexte de lancement de son nouveau spectacle, il avait même été brièvement hospitalisé à La Réunion. Ses proches évoquaient un homme « en souffrance », mais résolument tourné vers la scène.

Sa disparition soudaine laisse un vide immense dans le paysage humoristique français. Entre provocation, tendresse, ironie et vérité, Bun Hay Mean s’est imposé comme un artiste à part, qui aura marqué toute une génération de spectateurs.

Alexandre Martin

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