« Non aux Woubi » : L’homosexualité sous le feu des critiques en Côte d’Ivoire

En Côte d’Ivoire, une vague de contestation anti-homosexuels déferle sur les réseaux sociaux. Les Ivoiriens, exaspérés par ce qu’ils perçoivent comme des comportements ostentatoires, expriment leur rejet de l’homosexualité à travers le slogan « Non aux Woubi ».

Une mobilisation grandissante contre l’homosexualité
En août 2024, les réseaux sociaux ivoiriens sont devenus le théâtre d’une mobilisation massive contre l’homosexualité, largement encouragée par des influenceurs et créateurs de contenu. Le terme « Woubiland » est même apparu pour désigner Abidjan, perçue comme une ville où l’homosexualité serait omniprésente.

Rénato Austine, créateur de contenus suivi par des milliers de personnes, n’a pas hésité à partager son indignation : « Le phénomène de woubi en Côte d’Ivoire, ça devient trop ». Cette opinion est partagée par d’autres figures publiques telles que Camille Makosso, qui a lancé une pétition pour organiser une marche anti-homosexuels.

Cette opposition franche trouve également écho dans une vidéo virale du groupe de webhumoristes « Les Dégameurs », qui dépeignent de manière satirique une Côte d’Ivoire envahie par les homosexuels.

Un vieux sujet mais toujours tabou !
Bien que l’homosexualité ne soit pas nouvelle en Côte d’Ivoire, elle reste un sujet tabou, souvent occulté dans les discussions publiques. En 1997, le documentaire « Woubi Chéri » avait déjà exposé la vie des homosexuels à Abidjan, mais le débat reste sensible.

Delphine Krizoua, promotrice culturelle, évoque l’hypocrisie qui entoure ce sujet, rappelant qu’il y a plusieurs années déjà, elle alertait sur la montée en visibilité de l’homosexualité dans le pays. Tandis que sur les plateaux télévisés, des analystes comme Arthur Banga tentent de ramener le débat vers la protection des droits des minorités sexuelles, une grande partie de la population semble encore réticente à accepter cette réalité.

Pour beaucoup, la tolérance reste un concept difficile à intégrer, malgré les appels à la compréhension et au respect des différences.

Rachelle Tapé

Rachelle Tape: