Maes condamné à sept ans de prison au Maroc : ce que révèle l’affaire qui secoue le rap français

Une chute fulgurante pour une star au sommet
Il y a quelques mois encore, Maes figurait parmi les artistes les plus écoutés de France. Aujourd’hui, la star du rap se retrouve au cœur d’un scandale judiciaire d’une ampleur inattendue. Le rappeur de 30 ans a été condamné à sept ans de prison ferme par la justice marocaine, dans la nuit de mardi à mercredi, selon plusieurs médias locaux.
Walid Georgey, son nom à l’état civil, a été reconnu coupable de tentative d’enlèvement, séquestration et d’appartenance à une « bande criminelle », comme l’indique l’hebdomadaire TelQuel. Le média affirme même que le rappeur aurait « commandité à un gang et à un tueur à gages l’assassinat d’un rival à Marrakech », un projet qui aurait été déjoué après une agression manquée à Tanger.
Un dossier explosif, mais contesté
D’après Media24, Maes était détenu depuis onze mois dans le cadre de cette affaire impliquant onze personnes, condamnées à des peines allant d’un à dix ans. Le rappeur nie tout en bloc. Ses avocats parlent d’un dossier « vide », assurant qu’aucun élément sérieux ne le relie aux autres prévenus. L’AFP, de son côté, dit ne pas avoir pu vérifier indépendamment ces informations.
Selon TelQuel, l’artiste aurait quitté les Émirats arabes unis pour le Maroc en janvier, craignant une extradition vers la France, où un mandat d’arrêt international le visait.
Un destin marqué par l’exil et la violence
Avant son arrestation, Maes s’était installé à Dubaï avec sa famille. Un départ précipité : le rappeur aurait fait face à des tentatives de racket à Sevran et aurait répondu par les armes, provoquant une fusillade. TelQuel évoque également « l’assassinat de son manager en France », un événement qui aurait alimenté un cycle de représailles.
Cette saga judiciaire prend racine en 2020, au moment même où Maes connaît l’apogée de sa carrière. Il devient alors le troisième artiste rap le plus streamé de France. En 2024, il avait déjà été condamné, en son absence, pour des violences en réunion.
Un parcours musical fulgurant, une vie personnelle tourmentée
Depuis Pure en 2018, Maes enchaîne les succès : « Billets Verts », « Avenue Montaigne », « Madrina » avec Booba… Fils d’immigrés marocains, il grandit aux Beaudottes, à Sevran, et n’a jamais caché son passé compliqué.
En 2021, il confiait au magazine Numéro :
« Au début, ma mère ne voyait pas le rap comme de l’art », expliquait-il.
« Quand elle a vu mes clips pour la première fois elle m’a insulté de voyou. Elle m’a dit : ‘qu’est ce qu’ils vont dire au bled !’. Je lui ai dit que tout ça n’était pas réel, que c’était comme un film. À ma mère, je lui dis que ce n’est pas la vérité, mais aux auditeurs, sachez que c’est la réelle vie. »
Jonas Kouassi
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