Lioudmila Alexeieva, figure emblématique des défenseurs des droits de l’homme en Russie, s’est éteinte

©Lioudmila Alexeieva,

La maladie a finalement eu raison d’elle. Lioudmila Alexeieva, la plus ancienne des militantes des droits de l’homme en Russie, ex-dissidence soviétique, s’est éteinte à Moscou le 8 décembre à l’âge de 91 ans, suite d’une longue maladie.

Après avoir lutté toute sa vie contre le communisme et pour une meilleure égalité entre les hommes, Lioudmila, laisse derrière elle, une grande famille orpheline.

Elle a vécu sur plusieurs générations, depuis l’évacuation pendant la seconde guerre mondiale, jusqu’à aujourd’hui. Après ses études en histoire, elle intègre dès 1960, les cercles dissidents. Son appartement représentait un point de rassemblement pour l’intelligentsia moscovite et une planque pour la littérature clandestine, ‘’le samizdat’’, dont elle participait à la reproduction. Elle participe à la fondation du groupe Helsinki de Moscou, première ONG soviétique des droits de l’homme en 1976. Elle consacre dès cet instant sa vie à ce combat. En exil aux États-Unis avec son mari et leur fils cadet, elle écrit un livre encore d’actualité aujourd’hui.

Elle regagne son pays après la chute du régime soviétique, en 1993, et continu l’œuvre de sa vie, toujours au sein du Groupe Helsinki.  Puis, dans les années 2000, elle devient membre du Conseil présidentiel aux droits de l’homme. Grande dame, courageuse, Alexeieva n’a jamais reculé devant les obstacles, bien au contraire, elle les a surmontés avec bravoure, aux maximum de ses forces. Elle reçoit en 2009 à Strasbourg, avec des responsables de l’ONG russe Mémorial, le Prix Sakharov, distinction que le Parlement européen décerne à des défenseurs de la liberté de pensée dans le monde.

A ses 90 ans, Lioudmila Alexeïeva, une dame très respectée aussi bien par l’opposition que par la nomenklatura, s’est vu remettre un prix d’Etat pour des « réalisations remarquables dans le domaine des droits de l’homme » par l’actuel président russe, Vladimir Poutine.

Le 8 décembre 2018, elle tire sa révérence laissant derrière elle, le fruit de tous ses efforts et les souvenirs les plus beaux de ce qu’a été sa vie meublée de combat !

 

 Irène COULIBALY

Irene COULIBALY: