La venue de la star mondiale du streaming IShowSpeed à Abidjan n’était pas gagnée d’avance. À en croire Abdelaziz Bictogo et Baba Touré, deux acteurs clés de cette opération, la Côte d’Ivoire ne figurait même pas sur la liste initiale des destinations africaines prévues par l’équipe du créateur de contenu américain.
« Il n’y avait pas la Côte d’Ivoire sur la liste. C’est nous qui avons insisté, parce qu’on ne pouvait pas le laisser venir en Afrique sans la Côte d’Ivoire », explique Baba Touré au micro de Brut Afrique.
Un travail de persuasion bien ficelé
Pour convaincre l’équipe de Speed, Abdelaziz Bictogo raconte avoir monté une véritable présentation stratégique mettant en avant les atouts du pays :
la beauté de la Côte d’Ivoire, son rayonnement culturel, ses figures emblématiques comme Didier Drogba, mais aussi les récents succès sportifs, notamment la victoire à la CAN.
« On avait mis beaucoup de choses en avant : la culture, l’énergie du pays… Et je pense que c’est vraiment ça qui a convaincu l’équipe que la Côte d’Ivoire avait un fort potentiel », confie-t-il.
Un défi logistique et protocolaire inédit
Au-delà de la séduction, l’organisation s’est révélée extrêmement complexe. L’arrivée de Speed en jet privé a nécessité une maîtrise rigoureuse des procédures : autorisations d’atterrissage, services de handling, permis de tournage, sans oublier une exigence majeure de l’équipe du streamer : ne subir aucune interruption pendant le live.
« Il fallait contacter plusieurs préfectures, les maires, toutes les entités qui contrôlent les communes ou les quartiers, afin de s’assurer qu’il n’y ait pas d’interférences durant le live », explique Aziz Bictogo, soulignant l’ampleur du travail en coulisses.
Pourquoi Abidjan et pas l’intérieur du pays ?
Face aux critiques concernant l’absence de visites à l’intérieur du pays, les organisateurs se veulent clairs : la réflexion a bien eu lieu. Assinie, Grand-Bassam ou encore Yamoussoukro faisaient partie des options envisagées.
« On avait adoré la basilique de Yamoussoukro, Bassam est une ville historique magnifique… Mais l’équipe voulait absolument Abidjan. Ils atterrissaient et repartaient d’Abidjan, ce n’était pas négociable », précise Aziz Bictogo.
Un autre élément décisif a pesé dans la balance : l’image que la Côte d’Ivoire souhaitait montrer.
« Abidjan, c’est la musique, la danse, la jeunesse, la chaleur ivoirienne. Speed est un jeune. La meilleure manière de l’accueillir, c’était de lui montrer la capitale où tout se passe », conclut-il.
Un pari assumé
En misant sur Abidjan, les organisateurs ont fait le choix de l’énergie urbaine et de la modernité, quitte à repousser la découverte de l’intérieur du pays à une autre occasion. Un pari qui, au vu de l’engouement généré, semble avoir porté ses fruits — et renforcé un peu plus la visibilité de la Côte d’Ivoire sur la scène numérique mondiale.
Firmin Koto