Guyguy le Grouilleur et ses « trois femmes » : entre affichage social et flou juridique

Depuis plusieurs jours, des images largement relayées sur les réseaux sociaux montrent Guyguy le Grouilleur entouré de trois femmes qu’il présente publiquement comme ses épouses. Cette exposition assumée d’une vie de couple polygame a suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique ivoirienne, ravivant un débat récurrent sur la polygamie, sa perception sociale et sa reconnaissance légale.
Entre fascination, critiques et interrogations, une question centrale revient avec insistance : ces unions sont-elles légalement reconnues en Côte d’Ivoire ?
Une polygamie affichée sur les réseaux sociaux
Les publications diffusées sur Facebook et d’autres plateformes montrent Guyguy le Grouilleur posant avec trois femmes lors de moments de convivialité, parfois présentés comme des scènes familiales. Plusieurs pages communautaires et médias en ligne les désignent comme ses « femmes », contribuant à installer l’idée d’un foyer polygame assumé.

Cet affichage public, volontaire ou non, a rapidement attiré l’attention, certains internautes saluant un choix de vie conforme à certaines traditions, tandis que d’autres dénoncent une mise en scène incompatible avec le cadre juridique ivoirien.
Absence de confirmation d’un mariage civil légal
À ce jour, aucune information officielle ou document vérifiable ne permet d’affirmer que Guyguy le Grouilleur est marié civilement à ces trois femmes.
En Côte d’Ivoire, le mariage civil demeure la seule forme d’union reconnue par l’État. Le Code civil ivoirien ne reconnaît pas la polygamie dans le cadre du mariage légal. Par conséquent, un homme ne peut contracter plusieurs mariages civils simultanés.
Certaines sources évoquent l’existence :
d’un mariage traditionnel avec l’une des femmes,
ou de relations de concubinage avec les autres.
Toutefois, les mariages coutumiers ou religieux, s’ils ne sont pas enregistrés à l’état civil, n’ont pas de valeur juridique.
Entre normes sociales et cadre légal
Le cas de Guyguy le Grouilleur met en lumière un décalage persistant entre les pratiques sociales ou culturelles et le droit positif ivoirien. Dans certaines communautés, la polygamie reste socialement admise, voire valorisée, mais elle demeure juridiquement non reconnue par l’État lorsqu’elle n’est pas conforme aux dispositions légales.
Ainsi, l’image d’un homme légalement marié à trois femmes, largement véhiculée sur les réseaux sociaux, ne correspond pas nécessairement à la réalité juridique.
Un débat relancé dans l’espace public
Au-delà du cas individuel, cette affaire relance des discussions plus larges sur :
la place de la polygamie dans la société ivoirienne contemporaine,
la responsabilité des réseaux sociaux dans la diffusion d’informations non vérifiées,
et la nécessité de distinguer clairement statut social et statut légal.
Si Guyguy le Grouilleur revendique publiquement une vie de couple polygame, rien ne permet, à l’heure actuelle, d’affirmer l’existence de trois mariages légalement reconnus. Il s’agirait donc, selon les informations disponibles, d’une polygamie sociale ou traditionnelle, sans fondement juridique officiel.
Un cas emblématique qui rappelle que, dans l’espace public comme sur les réseaux sociaux, l’apparence ne vaut pas toujours reconnaissance légale.
Lucie Assi