Gaz butane : le Congo Brazzaville à bout de souffle

Depuis plusieurs semaines, les habitants de Brazzaville, la capitale du Congo Brazzaville, font face à une pénurie de gaz butane, qui est le principal combustible utilisé pour la cuisson des aliments. Cette situation provoque la grogne des consommateurs, qui peinent à trouver ce produit essentiel dans les points de vente. Certains sont obligés de parcourir de longues distances, parfois sans succès, pour s’approvisionner en gaz. D’autres se rabattent sur le bois de chauffe ou le charbon de bois, dont les prix ont également augmenté. Les causes de cette pénurie sont multiples et complexes.

Selon une source au ministère des Hydrocarbures, le problème viendrait d’un déficit d’approvisionnement du pays en gaz butane, qui est produit à partir du gisement de Nkossa, situé à environ 100 km au large des côtes congolaises. Ce gisement, exploité par la société Total E&P Congo, est le principal fournisseur de gaz butane au Congo Brazzaville. Or, il connaît actuellement des difficultés techniques liées à la maintenance des installations. Ces difficultés entraînent une baisse de la production de gaz butane, qui ne couvre plus la demande nationale.

Pour faire face à cette situation, le pays doit recourir aux importations de gaz butane en provenance d’autres pays producteurs, comme le Nigeria ou l’Angola. Mais ces importations sont soumises à des contraintes logistiques et financières. En effet, il faut disposer de navires spécialisés pour transporter le gaz butane sous forme liquéfiée, ainsi que de terminaux portuaires adaptés pour le décharger et le stocker. Il faut également payer les frais de transport et les taxes douanières. Ces coûts supplémentaires se répercutent sur le prix du gaz butane, qui devient plus cher pour les consommateurs.

Par ailleurs, la distribution du gaz butane sur le territoire national pose également des problèmes. Le pays ne dispose pas d’un réseau de gazoducs suffisant pour acheminer le gaz butane vers les différents centres urbains. Il faut donc utiliser des camions-citernes pour transporter les bouteilles de gaz butane vers les points de vente. Mais ces camions-citernes sont souvent en nombre insuffisant ou en mauvais état. Ils sont également confrontés aux difficultés d’accès aux routes, notamment pendant la saison des pluies. Ces facteurs ralentissent la distribution du gaz butane et créent des ruptures de stock.

Face à cette crise du gaz butane, les autorités congolaises ont pris des mesures pour tenter d’y remédier. Le ministre des Hydrocarbures, Bruno Jean-Richard Itoua, a annoncé le 12 septembre 2023 que le gouvernement avait décidé d’augmenter les importations de gaz butane et de réduire les taxes douanières sur ce produit. Il a également promis que la situation allait s’améliorer dans les prochains jours grâce à la reprise progressive de la production du gisement de Nkossa. Il a enfin appelé les consommateurs à faire preuve de patience et à éviter les spéculations.

Mais ces annonces n’ont pas convaincu les habitants de Brazzaville, qui continuent à subir les conséquences de la pénurie de gaz butane. Certains dénoncent l’incompétence et la corruption des responsables du secteur énergétique. D’autres s’interrogent sur le paradoxe d’un pays qui est l’un des principaux producteurs de pétrole en Afrique, mais qui n’arrive pas à fournir du gaz butane à sa population. Ils réclament des solutions durables et efficaces pour mettre fin à cette crise qui affecte leur quotidien.

Jonas Kouassi

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