Suivez Nous

Côte d’Ivoire : un 65e anniversaire entre célébrations et tensions politiques

Rachelle Tape | | Société
Independance De Cote DIvoire

Grâce présidentielle et promesses sociales

La Côte d’Ivoire célèbre, ce 7 août 2025, ses 65 ans d’indépendance. À la veille de cette date symbolique, le président Alassane Ouattara s’est adressé à la nation pour faire le point sur les réalisations de son gouvernement, annoncer de nouvelles mesures sociales, et accorder une grâce présidentielle à 8 533 détenus de droit commun.

Dans un discours d’une quinzaine de minutes, le chef de l’État a salué les progrès accomplis dans les domaines de la santé, de l’éducation, des infrastructures et du bien-être social. Il a également souligné l’importance de ce cap historique :

« 65 ans, c’est l’âge de la maturité. C’est un moment de prise de conscience collective sur le chemin parcouru. Une invitation à consolider les acquis et à se projeter dans le futur. »

Le président, en lice pour un nouveau mandat controversé, a par ailleurs promis de nouvelles initiatives en faveur des fonctionnaires, des femmes et des jeunes, sans aborder certains sujets sensibles qui préoccupent une partie de la population.

Un discours qui divise à Abidjan

Dans les rues d’Abidjan, les réactions sont partagées. Certains y voient un message encourageant, porteur d’espoir pour l’avenir :

« Ce discours, il est très positif et je pense qu’il augure d’un avenir meilleur pour la Côte d’Ivoire. »
« J’ai aimé son discours en tout cas. »

D’autres expriment leur frustration face à l’absence de réponses concrètes sur des problématiques comme la cherté de la vie, les tensions politiques, ou la question des prisonniers d’opinion.

« Il n’a pas parlé du coût élevé de la vie, ni des factures qui explosent. Il n’a pas évoqué la candidature de Laurent Gbagbo ni la situation des prisonniers politiques. Je ne suis pas satisfait. »

Même au sein de son propre camp, certains attendaient davantage. Dao Sékou, cadre du RHDP, estime que le discours était globalement rassurant, mais regrette l’absence d’une amnistie politique :

« J’avais cru que le président allait faire un geste envers certains acteurs politiques. »

Dans l’opposition, le ton est bien plus critique. Sur sa page X, Pascal Affi N’Guessan (FPI) accuse le président de « déni de réalité », tandis que Vincent De Paul (PDCI-RDA) déplore un message déconnecté des préoccupations des citoyens.

Quant à Gervais Bago Sako, président de la Fondation internationale pour les droits de l’homme, il parle sans détour :

« Un discours creux, loin des réalités. Un discours de désespoir et de désespérance. »

Une fête célébrée à Bouaké, ville au lourd passé

Les célébrations officielles de cette fête de l’indépendance en Côte d’Ivoire ont lieu à Bouaké, dans le centre du pays, avec un important défilé militaire prévu. Ce choix n’est pas anodin : Bouaké fut l’épicentre de la rébellion armée ayant divisé le pays de 2002 à 2011.

En y organisant les festivités, les autorités entendent sans doute marquer un symbole de paix retrouvée, même si le climat politique demeure fragile à l’approche de la présidentielle.

Rachelle Tapé

Mots-clefs : , , , , , , , , , , , , , ,

Laisser un commentaire

100pour100culture
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.