Une importante démission collective secoue le Front Populaire Ivoirien (FPI), l’un des principaux partis politiques du pays. Le Secrétaire Général Adjoint (SGA) du parti, Aka Boni Marc, a soumis le 2 janvier 2026 une lettre de démission adressée au président du FPI, Pascal Affi N’Guessan, entraînant dans son sillage une cinquantaine voire une centaine de cadres et militants du parti.
Un départ motivé par des divergences internes
Dans la lettre datée du 2 janvier, Aka Boni Marc accompagné des Secrétaires nationaux, cadres supérieurs, secrétaire·s de section et militants membres de son cabinet politique annonce une démission collective et immédiate de toutes leurs fonctions ainsi que de leur qualité de membres du FPI.
Les signataires expliquent que cette décision, « mûrement réfléchie et prise en toute responsabilité », fait suite à des divergences politiques, organisationnelles et stratégiques devenues incompatibles avec leur vision et leur engagement initial au sein du parti ».
Selon la correspondance, certains motifs de rupture incluent :
le choix jugé arbitraire de candidat du parti dans la circonscription de Bongouanou,
le retrait du SGA et de son cabinet des plateformes officielles du FPI,
et une campagne de dénigrement attribuée à certains membres du parti envers le groupe dissident.
Une onde de choc politique
La démission collective intervient dans un contexte politique tendu, peu après les législatives du 27 décembre 2025. Plusieurs médias locaux rapportent que jusqu’à 94 cadres et militants auraient ainsi quitté les rangs du FPI, en particulier dans la région du Moronou, considérée comme un fief traditionnel de certains responsables du parti.
Ce départ marque une fracture importante au sein de l’opposition ivoirienne, tant le FPI a été, historiquement, une force politique majeure du pays depuis sa légalisation en 1990. Le parti, fondé par Laurent Gbagbo dans les années 1980 et dirigé aujourd’hui par Pascal Affi N’Guessan, a traversé plusieurs scissions et tensions internes, notamment autour d’alliances antérieures et de stratégies électorales.
Impacts et réactions
Pour l’heure, les signataires de la lettre n’ont pas officiellement annoncé s’ils rejoindraient une autre formation politique. Toutefois, dans le passé récent, d’anciens cadres du FPI avaient rejoint d’autres formations, notamment le parti au pouvoir, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), illustrant les dynamiques de recomposition politique en Côte d’Ivoire.
Du côté du FPI, aucune réaction officielle n’a encore été publiée sur l’ensemble des départs, mais la présidence du parti est appelée à s’exprimer dans les prochains jours pour clarifier la position de la direction nationale face à cette crise interne.
Firmin KOTO