172e anniversaire de l’abolition de l’esclavage en Martinique : Deux statues de Victor Schœlcher détruites par des manifestants

Il est celui qui a décrété l’abolition de l’esclave le 27 avril 1848. Deux statues de Victor Schœlcher ont été bousculées et brisées par des manifestants. La scène s’est produite vendredi, jour de la commémoration de l’abolition de l’esclavage en Martinique.

Ils étaient nombreux, ces manifestants à Fort-de-France et à Schœlcher pour commémorer cet évènement. Deux statues de l’homme qui a décrété l’abolition de l’esclavage le 27 avril 1848 sont tombées et brisées.

Les faits ont très vite été relayé sur les réseaux sociaux. Dans une vidéo réalisée par des activistes, on voit la chute des statues. Une jeune femme soupçonnée d’être l’une des responsables de la chute a été placée en garde à vue et à l’issue, convoquée par le tribunal le 9 juillet, selon son avocat Me Dominique Monotuka.

Le 22 mai 1848, les esclaves qui s’étaient rebellés en Martinique contre les colons arrachaient leur liberté après plusieurs jours de lutte acharnée. Ces faits sont intervenus moins d’un mois après la signature du décret d’abolition de l’esclavage le 27 avril à Paris, porté par Victor Schœlcher. Après ces évènements, Schœlcher devient député en Martinique et son nom est donné à une bibliothèque de Fort-de-France et en 1889 (contesté par les manifestants), à toute nouvelle ville de Case Navire. Tous ces hommages empêchaient selon certains la reconnaissance des vrais héros locaux qui ont donné leur poitrine pour ‘abolition de l’esclavage.

Le maire de Fort-de-France a dans un communiqué condamné avec fermeté la destruction de ces statues et appelé à « ne pas céder à la tentation de réécrire l’histoire ». La fondation pour la mémoire de l’esclavage s’est également prononcée et l’écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau a dénoncé la récupération politique du travail de Victor Schœlcher tout en appelant à respecter l’homme. La ministre des outre-mer, Annick Girardin a aussi condamné ces actes de « destruction de monument qui incarne notre mémoire collective ».

 

Irène COULIBALY

 

Irene COULIBALY: