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Ghana : Avec la télémédecine, la société Bima vole au secours des patients ghanéens

Arsene DOUBLE | | Santé et Bien-être

La société suédoise Bima, à l’origine spécialisée dans la fourniture de solutions d’assurance abordables dans les pays en voie de développement, s’est lancée dans la télémédecine en 2015 au Ghana. Au moyen de la téléphonie mobile, la Bima traite plusieurs cas de maladie à distance et tente de compenser le manque de praticiens, auquel le pays fait face depuis plusieurs années.

Le Ghana pâtit d’une sévère pénurie de praticiens. Selon les données du service ghanéen de la santé, il y avait en 2017 un docteur pour 8 437 personnes et un infirmier pour 627 habitants. Les habitants, des zones rurales ou vivant de l’économie informelle, en font les frais. Ils ont du mal à trouver un praticien pour une simple consultation. En se lançant dans la télémédecine, la société suédoise Bima vient tendre la perche à cette frange de la population ghanéenne.

Justifiant la venue de la télémédecine au Ghana, Le Français Damien Gueroult, directeur de Bima Ghana, déclare : « Beaucoup de Ghanéens vivent de l’économie informelle dans l’artisanat, la vente de détail ou le travail journalier. S’ils doivent s’absenter pour aller chez le médecin, c’est une journée perdue pour eux ». « La situation est encore plus compliquée dans les zones rurales, où les patients doivent voyager pour trouver un docteur, poursuit Damien Gueroult. La télémédecine peut se développer car l’immense majorité de la population dispose d’un téléphone portable », poursuit Damien Gueroult, soulignant la difficulté qu’ont les campagnards à bénéficier des services d’un praticien.

Plusieurs acteurs se sont lancés sur le marché de la télémédecine. Dès 2011, la fondation Novartis a lancé un centre pilote dans le district d’Amansie, dans la région ashanti située au nord de la capitale ghanéenne Accra. Quelque 35 000 personnes ont été couvertes par le dispositif. Depuis 2018, le ministère de la santé ghanéenne a repris la gestion de ce centre. Les autorités du pays espèrent dans les années à venir pouvoir généraliser la couverture à l’ensemble du territoire.

La société suédoise Bima, compte aujourd’hui, selon le docteur David Yaoga Sunu, médecin en chef, 29 docteurs et 19 infirmiers et reçois environ 350 appels chaque jour. « Quand l’un de nos clients joint le service sur notre ligne gratuite, il est mis en relation avec une infirmière, qui peut transmettre la conversation à un médecin si la situation l’exige. », explique le médecin en chef de Bima Ghana.

Les cas de malaria, de choléra ou de fièvre typhoïde sont les principales pathologies qui poussent les patients à contacter le service. « Dans 80 % des cas, nous pouvons répondre à la situation, mais le reste du temps nous devons renvoyer la personne vers un centre de soins approprié », poursuit David Yaoga Sunu.

Si des tests sanguins sont nécessaires, les patients sont dirigés vers des laboratoires partenaires. Les résultats sont envoyés aux médecins de Bima qui rappellent ensuite les patients pour les décrypter. Les ordonnances sont transmises par SMS.

 

Arsène DOUBLE