Guinée-Bissau : le général Horta N’Tam prend la tête de la transition pour un an

Un nouveau visage à la tête de l’armée et du pays
Ce jeudi 27 novembre, le général Horta N’Tam, jusqu’ici chef d’état-major de l’armée de terre, a été officiellement investi président de la transition et du Haut commandement militaire de Guinée-Bissau.
L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse à Bissau, après que l’armée a affirmé avoir pris le contrôle total du pays la veille. « Je viens d’être investi pour assurer la direction du Haut commandement », a déclaré le général après avoir prêté serment dans une cérémonie sobre, tenue au siège de l’état-major, où la sécurité a été particulièrement renforcée.
Proche du président sortant Umaro Cissoko Embalo, le général Horta N’Tam a gravi les échelons sous son mandat, culminant au grade de major général. Peu connu du grand public, il apparaît aujourd’hui comme le visage central d’une transition politique d’une durée prévue d’un an.
La cérémonie, sans hymne national et limitée aux cadres militaires, s’est déroulée dans une salle de conférence de l’état-major, situé près du port de Bissau. Les trois branches de l’armée – terre, air et marine – ont proclamé l’« installation officielle » du général Horta N’Tam, sans donner de précisions sur les étapes futures de cette transition.
Une situation tendue dans la capitale
Pendant ce temps, Umaro Cissoko Embalo reste détenu au siège de l’état-major, en bonne santé, aux côtés de l’ex-chef de l’armée Biagué Na Tam. Un nouveau chef de l’armée, le général Tomas Djassi, a été nommé, succédant à la hiérarchie précédente.
Parallèlement, plusieurs figures de l’opposition ont été arrêtées, dont Domingos Simoes Pereira, leader du PAIGC, détenu dans un commissariat du centre-ville, ainsi que cinq magistrats et huit autres personnalités. Fernando Diaz de Costa, principal rival à la présidentielle, a pu se cacher et assure être en sécurité.
Dans une courte allocution, le général Horta N’Tam a justifié le coup d’État, évoquant un « effort commun » face à des menaces de déstabilisation liées au narcotrafic. Il a également annoncé la réouverture prochaine des frontières.
La capitale Bissau est restée quasiment déserte jeudi matin. Commerces fermés, circulation interdite et forte présence militaire : 4×4 aux vitres teintées patrouillaient dans la ville. Bien que le couvre-feu ait été levé à 6h, les habitants restent prudents, les médias étant presque tous suspendus, à l’exception des chaînes nationales qui relaient les communications des militaires. La réouverture des commerces, écoles et médias est prévue dès vendredi.
Une condamnation internationale unanime
Les réactions internationales ont été rapides. La Cédéao a dénoncé « sans équivoque » un coup d’État « illégal » et dangereux pour la stabilité régionale, réaffirmant sa « tolérance zéro » face aux violations constitutionnelles. Le Ghana, de son côté, « condamne fermement » cette tentative de renverser la volonté du peuple.
À l’international, la Russie et l’ONU ont exprimé leur inquiétude face à la crise, tandis que le Sénégal, voisin stratégique, reste pour l’instant silencieux.
Issa Koné
Mots-clefs : embalo guinée bissau