Côte d’Ivoire : Jean-François Kouassi placé sous mandat de dépôt en attendant sa comparution devant le juge

Jean-François Kouassi a été placé sous mandat de dépôt et transféré à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA), dans l’attente de sa comparution devant le juge. Son interpellation est intervenue dans la soirée du jeudi dernier par le commissariat du 1er arrondissement, avant qu’il ne soit conduit à la Préfecture de police, où sa garde à vue a été prolongée jusqu’à ce lundi.
Selon des sources proches du dossier, les chefs d’accusation retenus contre lui sont « trouble à l’ordre public » ainsi que « diffamation et dénonciation calomnieuse », à la suite de plaintes déposées par Madame Anne Ouloto, ministre de la Fonction publique.
Depuis son arrestation, Jean-François Kouassi est suivi par ses avocats. Une procédure de flagrant délit a été notifiée à son encontre. Estimant que leur client ne présente aucun profil criminel, la défense a introduit une demande de citation directe à comparaître, afin qu’il puisse regagner son domicile, retrouver sa famille et se présenter librement à l’ouverture du procès.
Cette demande n’a toutefois pas été acceptée par les autorités judiciaires. Jean-François Kouassi a donc été placé sous mandat de dépôt et incarcéré à la MACA, dans l’attente de son passage devant le juge.
Lors d’un échange avec ses proches, l’intéressé se serait montré serein et confiant. Il aurait confié que, depuis vendredi, son équipe recevait des appels affirmant qu’il aurait insulté la ministre concernée et tenu des propos déplacés à son encontre. Selon ces mêmes sources, il lui aurait été suggéré que sa libération pourrait être conditionnée à une demande de pardon publique accompagnée d’un communiqué officiel.
Jean-François Kouassi aurait rejeté cette option, estimant que ses propos n’avaient jamais eu pour but d’offenser qui que ce soit. Il aurait cependant reconnu que, si la ministre s’est sentie heurtée, cela n’était nullement intentionnel. Pour lui, présenter des excuses dans ces conditions reviendrait à nier une situation qu’il juge connue de tous, ce qu’il dit ne pas pouvoir accepter.
Ses soutiens rappellent qu’en tant que citoyen, il considère qu’il est du devoir de chacun d’interpeller les autorités, de défendre les valeurs républicaines et de protéger les concitoyens, même si cela implique d’en assumer les conséquences personnelles.
À l’issue des démarches judiciaires, son entourage s’est préparé à affronter la procédure devant les tribunaux, rappelant que Jean-François Kouassi n’a, à ce stade, fait l’objet d’aucune condamnation.
Dans l’attente de la suite judiciaire, ses proches et sympathisants appellent à l’apaisement et expriment l’espoir que cette affaire contribue à une réflexion plus large sur certaines pratiques, au nom de la justice et de l’État de droit en Côte d’Ivoire.
Issa Koné
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