Bénin : le lieutenant-colonel Pascal Tigri brise le silence et accuse la France

Le lieutenant-colonel Pascal Tigri est finalement sorti de son silence. Dans une déclaration exclusive, l’officier béninois livre une version des faits qui contredit radicalement la communication officielle autour des récents événements sécuritaires survenus au Bénin. Il met directement en cause la France, qu’il accuse d’avoir orchestré une opération militaire sous couvert régional afin de justifier sa présence sur le territoire béninois.

Selon Pascal Tigri, certaines informations relayées par des médias internationaux, notamment sur sa supposée présence au Togo, seraient infondées. Il affirme n’avoir jamais quitté le Bénin, expliquant que sa sécurité personnelle l’oblige à rester discret. « Si je me présentais publiquement, la vérité n’éclaterait jamais, car je serais éliminé », déclare-t-il, estimant être la cible d’un complot impliquant des puissances étrangères.

L’officier affirme avoir été initialement isolé par des éléments français, sous prétexte d’attendre le moment opportun pour une prise de parole officielle. Il soutient avoir été exfiltré par des soldats béninois après que ces derniers ont découvert ce qu’il qualifie de « double jeu » de la France. Plus grave encore, il affirme que les autorités béninoises, y compris le président Patrice Talon, auraient été informées de ce plan.

Au cœur de ses accusations figure l’intervention militaire qui aurait visé des positions béninoises. Contrairement à la version évoquant une implication nigériane, Pascal Tigri soutient que les bombardements auraient été effectués par des soldats français, utilisant des équipements nigérians afin de masquer leur identité. L’objectif, selon lui, était d’éviter une réaction hostile des populations béninoises et de faire croire à une opération menée dans le cadre de la CEDEAO.

Le lieutenant-colonel affirme également que le Nigeria aurait accepté de coopérer afin de préserver l’image de l’organisation régionale, tout en sachant qu’il ne s’agissait pas d’un véritable coup d’État. Pour lui, ce scénario dépasse largement le cadre béninois et s’inscrit dans une stratégie plus vaste visant à préparer des actions militaires contre le Burkina Faso et le Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), sans que ces pays n’en aient été informés.

Interrogé sur d’éventuels regrets, Pascal Tigri se montre catégorique : il n’en éprouve aucun. Il affirme avoir agi uniquement dans l’intérêt du peuple béninois et estime que les récents événements ont permis de révéler ce qu’il décrit comme le « vrai visage » de la France. Il accuse cette dernière d’avoir contribué à la mort de soldats béninois sur leur propre sol dans le but d’y installer durablement des forces militaires et des services de renseignement.

En conclusion, le lieutenant-colonel appelle l’ensemble de l’armée béninoise à refuser que le pays devienne une base arrière pour des conflits qu’il qualifie de guerres d’intérêts contre les pays de l’AES. Il exhorte également les populations à se mobiliser pacifiquement pour exiger le départ de l’armée française et de la DGSE du territoire national. Il promet enfin de revenir prochainement avec de nouvelles révélations.

Firmin Koto

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