Dans le milieu reggae, on dit de Taj Weekes qu’il est une énigme. D’un côté, on le présente comme un homme profondément sérieux et intensément passionné par ses visions du monde et d’un autre côté, un homme humble et avenant au sourire facile.
Weekes a un talent de «caméléon» pour se fondre dans l’environnement dans lequel il est, puisqu’il observe en permanence le monde qui l’entoure. Mais dès qu’il monte sur scène, dreadlocks au vent, il révèle l’allure royale d’un puissant lion en élevant sa voix.
La musique de Taj Weekes est bien plus qu’un simple divertissement. Elle provoque la discussion et pousse les gens à penser par eux-mêmes. Né et élevé sur l’île de Ste Lucie, Weekes est le plus jeune d’une fratrie de dix enfants dans une famille où la musique a toujours été omniprésente.
A l’âge de cinq ans, Weekes chantait à l’église. Et dès neuf ans, lui et ses frères ont formé un groupe, jouant sur les scènes locales tout autour de l’île.
Son frère aîné s’immergea dans le Rastafarisme. Ce qui provoqua chez Weekes un réveil spirituel et une vision d’un monde nouveau. A la fin de son adolescence, Weekes quitte la maison pour poursuivre ses rêves de musicien et atterrit en Amérique du Nord. Après un court passage à Toronto, il s’envole pour New York, où il monte son groupe Taj Weekes & Adowa. Nom donné en l’honneur de son grand-père Ethiopien, après la bataille de 1896 durant laquelle les Ethiopiens résistèrent à la colonisation italienne.
En 2005, le groupe a sorti son premier album, Hope & Doubt, qui obtint des critiques dithyrambiques et des diffusions massives en radio. Ce premier album permit à Taj Weekes & Adowa de tourner sur scène, de mieux défendre cet opus et de se créer une base de fans allant de la Nouvelle Angleterre à la Côte Ouest!
Suite à cette tournée, Weekes commence l’écriture de son album suivant. En l’espace d’une année, l’artiste perd ses deux parents et ses nouvelles chansons reflètent la profonde tristesse propre à cette période. Weekes sort son deuxième album «Deidem» (qui signifie « All of Us »). Une méditation confrontant la fragmentation du monde et la quête de donner à chacun une place dans celui-ci.
Weekes défie et a toujours défié les genres musicaux…
Son style pourrait se définir ainsi : un amalgame de Roots Reggae avec une pointe de Rock, Soul et R&B.
Une fois de plus, Taj Weekes et son groupe Adowa repoussent les limites du Reggae avec ce troisième album « A Waterlogged Soul Kitchen» qui sort sur le label Jatta Records. L’album, dont le titre rend hommage aux victimes et survivants de l’ouragan Katrina, offre des rythmes roots solides, entrelacés de guitares acoustiques, d’harmonica «bluesy» et d’un sax profondément groove.
Les textes, frais, révèlent une sophistication innée qui cède peu à peu sa place à l’intimité de la poésie en produisant des chansons qui ne reflètent pas uniquement une conscience mais résonnent avec passion et vigueur chez chacun. De par le monde, le public est réceptif au style unique de Weekes. Chacun notera son authenticité et son acharnement à mettre en avant la voix des plus faibles et des opprimés. L’association à but non lucratif de Weekes «They Often Cry Outreach» (TOCO), démontre sa volonté à améliorer la vie des enfants défavorisés dans les îles des Caraïbes et alentours à travers la musique, des programmes sportifs et bien plus encore.