Sénégal – Didier Awadi s’attaque aux APE

Après sa chanson-coup de gueule sur l’émigration clandestine, le rappeur militant sénégalais Didier Awadi proteste à nouveau avec ses rimes. Dans son single « On ne signe pas » l’artiste combat les Accords de Partenariat Economique (APE) qu’il a rebaptisé « Arnaques et Pillages Esclavagistes ».

Sorti en décembre dernier, le single « On ne signe pas » de Didier Awadi est toujours au cœur de l’actualité au Sénégal. Le Président sénégalais, Abdoulaye Wade est en campagne contre la signature de ces accords de libre-échange proposés par l’Union Européenne et qui seraient nuisibles aux pays concernés, d’Afrique, Caraïbes, Pacifique (ACP).

Fidèle à sa réputation, Awadi a souligné dans la presse locale l’indépendance de son combat. Il a dit n’avoir pas « attendu les hommes politiques » et s’être engagé dans cette lutte à la faveur du Forum Social Mondial au Kenya en janvier 2007.

Après une première version de « On ne signe pas » en duo avec Boubacar Mendy dit Kirikou et diffusée sur son site Internet, dans la finale, le patron du Studio Sankara s’est entouré d’autres grands talents du hip hop sénégalais. La présence la plus remarquée est celle de Doug E. Tee, fondateur du groupe Positive Black Soul (PBS) avec Awadi. Les deux rappeurs se sont lancés dans des carrières en solo tout en niant la scission du groupe de même que les nombreuses rumeurs sur le conflit qui les opposerait. Ce single est en tous cas l’occasion de retrouvailles réussies entre ces deux ténors du rap sénégalais. On compte aussi parmi les invités d’Awadi, Pee Froiss, Dara J, Nix, Da Brains, le jeune Alex et Kirikou.

La diversité des styles de ces rappeurs et la belle rythmique sont quelques forces de cette chanson en dehors bien entendu des paroles incisives. « Celui qui signe, accepte sa mort ; tu tueras ton peuple, tu tueras les pauvres », « ils nous avaient demandé de rester chez nous, ils reviennent pour piller chez nous », lancent les rappeurs. Awadi a aussi rebaptisé les APE, « Arnaques et Pillages Esclavagistes ».
En wolof (langue la plus parlée dans le pays), en français et en anglais, Awadi et ses amis disent vouloir amener le débat au niveau des populations africaines, du paysan à l’étudiant. Cela pour inverser une tendance qui veut que les politiques et les élites décident sans consulter ou informer le peuple.

Honore Essoh: