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Roberta Flack, la prêtresse de la soul qui berçait les âmes s’éteint à 88 ans

Alexandre Martin | | Musique
Roberta Flack

La musique perd l’une de ses magiciennes. Roberta Flack, légende de la soul, dont la voix envoûtante a marqué des générations avec Killing Me Softly With His Song, s’est éteinte à 88 ans. Porte-voix d’une époque, pianiste virtuose et militante infatigable, elle laisse un héritage où douceur rime avec révolution.

« Une voix qui traversait les silences »
Roberta Flack s’est éteinte « paisiblement, entourée des siens », a confirmé ce lundi son agente, Elaine Schock, dans un communiqué transmis à l’AFP. Née en 1937 en Caroline du Nord, cette prodige du piano, formée au classique, a tressé jazz, folk et soul avec une grâce inégalée. Son timbre velouté, comparé à une « tempête apaisée », a redéfini le R&B des années 1970, inspirant des décennies d’artistes.

C’est dans les clubs de Washington que son destin bascule. Repérée par le jazzman Les McCann, elle signe chez Atlantic Records à 32 ans. Mais c’est Clint Eastwood qui la propulse sous les projecteurs en 1971, en intégrant The First Time Ever I Saw Your Face dans Un frisson dans la nuit. Le titre, récompensé aux Grammy Awards en 1973, sera suivi d’un autre monument : Killing Me Softly With His Song. Un hymne repris en 1996 par les Fugees, lui offrant une seconde jeunesse planétaire.

« J’ai toujours cherché à mélanger précision et émotion, comme une alchimie. J’appelais ça la soul scientifique », confiait-elle. Une formule qui résume son art : rigueur de compositrice, passion d’interprète.

De la musique aux combats : l’engagement sans fard
Roberta Flack, c’était aussi une femme debout. Coupe afro iconique, proche d’Angela Davis et Jesse Jackson, elle a mêlé mélodies et militantisme. « J’ai grandi à une époque où le mot « Noir » était le plus péjoratif que l’on puisse utiliser », rappelait-elle. Son enfance, bercée par le gospel en Virginie, a forgé sa conscience : « Le mouvement des droits civiques m’a appris que notre couleur était une fierté. La plus belle des couleurs. »

Elle chante aux funérailles de Jackie Robinson, symbole de la lutte contre la ségrégation, et s’adresse à Nelson Mandela en 1999. Ses chansons, teintées de folk engagé, étaient pour elle « des protestations enveloppées d’amour ».

Atteinte de la maladie de Charcot depuis 2022, elle s’était éclipsée de la scène. Mais son héritage, lui, reste intouchable. Comme elle le disait : « La musique, c’est l’histoire qu’on murmure à l’oreille du monde. » Roberta Flack l’a murmurée, et le monde l’entendra encore.

Alexandre Martin

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