Source photo : rio-loco.org
L’édition 2018 du festival toulousain Rio Loco débuté le 14 juin, s’est achevé le 17 Juin après avoir réuni 62 000 spectateurs en quatre jours sur la Prairies des Filtres, en bord de Garonne. De Meute (Allemagne) à Kokoko (RDC), en passant par Arat Kilo (France-Mali-États-Unis), l’on a dansé « jusqu’à fatiguer » aux rythmes des musiques actuelles du monde, mais aussi des légendes bien vivantes de la rumba congolaise.
C’est un concert en forme de baroud d’honneur qui a ouvert, jeudi 14 juin, le festival Rio Loco, celui du plus ancien groupe de rumba congolaise encore actif à Kinshasa : le Bakolo Music International (les « pionniers de la musique » en lingala).
A la Prairie des filtres se sont succédés des artistes congolais, cubains et catalans et le programme a reflété, comme chaque année, une ouverture d’esprit et une diversité réjouissantes.
«Sans être prisonniers d’une parité mathématique, nous aurons le plaisir de mettre en avant les très nombreuses artistes femmes qui s’expriment autour du monde», affirment d’une même voix les élus Marie Déqué et Francis Grass, qui veillent respectivement aux musiques et à la culture à la Mairie de Toulouse, organisatrice de Rio Loco.
Autre orchestre pionner à l’affiche du Rio Loco : l’Orchestre Les Mangelepa. Quasi exclusivement composé de musiciens congolais, il a été fondé en 1976 au Kenya ! À cette époque, la rumba congolaise dominait les ondes et les pistes de danse presque partout en Afrique et ses membres fondateurs, originaires de Lubumbashi, dans l’est de la RDC, n’ont donc eu aucun souci à devenir l’un des groupes les plus populaires de Nairobi et même au-delà.
Une prestation merveilleuse a emmené les spectateurs du Congo à la Catalogne en passant, bien sûr, par les patios de la Havane. C’est là, en effet, et sur les docks pas très loin, que les premiers mélanges gitans et africains ont donné naissance à cette musique sensuelle et fiévreuse qui est la rumba. Peu ont marié la danse et le rythme, l’harmonie et la gestuelle. C’est dans ce carrefour de l’Espagne gitane, de la Kinshasa électrique, de la Havane à Brazzaville qu’est née la rumba, dont la puissance évocatrice d’une réalité urbaine grisâtre que l’on repeint aux couleurs de l’amour et de la beauté.
Pour l’édition 2019, le directeur de Rio Loco Hervé Bordier et les élus de la mairie de Toulouse Marie Déqué et Francis Grass, ont décidé de donner une large place aux femmes, toujours en minorité dans ce genre de rendez-vous. Du 13 au 16 juin 2019 sera donc un grand moment pour « toutes les musiciennes du monde ».
Innocent KONAN