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Noël Dourey, auteur-compositeur et chanteur : « Quand il y’a l’amour entre les habitants d’un même pays, il y’a automatiquement la paix … »

Firmin Koto | | Musique

Noël Dourey, auteur-compositeur et chanteur ivoirien. ©Fiko

Noël Dourey alias ND ou le crooner est un auteur-compositeur et chanteur ivoirien. Il a débuté sa carrière dans les années 1960. En 2011, il a été nommé Président du Conseil de Gestion du Palais de la Culture d’Abidjan. Aujourd’hui Noël Dourey revient sur la scène musicale avec son nouveau single intitulé ”je reviens’’. Un titre dans lequel il prône la paix et l’amour.

Vous revoilà à nouveau sur la scène musicale, à travers un nouveau single intitulé ”je reviens’’. Pouvez-vous nous parler de ce retour ? Sa raison et ce que cela implique ?

Comme le titre du single l’indique, je reviens après 20 ans d’absence sur la scène musicale. La raison ? Je veux renouer avec mon public de mélomanes et esthètes assoiffés d’émotions mélodiques.

Ce retour est surtout une opportunité de renouveler mon engagement à promouvoir le vivre ensemble à travers un message empreint d’amour, de paix et de réconciliation sur le laborieux chemin de construction de la nation ivoirienne qui nous est si chère.

Il se sent clairement que vous mettez ce retour sous le signe de la paix, comme relatif à vos communications. Pourquoi la paix et pas l’amour ou le travail par exemple ?

La quintessence de mon message porte sur l’amour qui est le sésame pour apaiser les cœurs. L’amour est le deuxième plus grand commandement de dieu. Quand il y’a l’amour entre les habitants d’un même pays, il y’a automatiquement la paix, base de la doctrine politique prônée par le président Félix Houphouët-Boigny, père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne. Or, sans la paix, aucun développement harmonieux n’est possible de sorte à offrir le bien-être à toutes et à tous. Sans la paix, on ne peut pas travailler sereinement. C’est parce que je suis conscient de l’importance de la valeur du travail que je prône l’amour et la paix de sorte à créer les conditions harmonieuses de travail.

On vous sait un artiste engagé aux côtés d’un parti politique en Côte d’Ivoire. Qu’est-ce qui guide ce choix en tant qu’artiste ?

C’est un choix légitime parce que je porte ma propre parole et que je regarde le monde avec mes propres yeux.  J’ai un profond respect pour ceux qui, au plan politique, ont une grande vision et qui font ce qu’ils disent.  C’est pourquoi je ne regrette pas d’avoir fait ce choix au regard des résultats de ce parti à la tête de l’Etat de Côte d’Ivoire depuis 9 ans. Un bilan inattaquable dont tout être humain lucide ne peut qu’être fier. C’est mon choix et je l’assume pleinement.

Avez-vous le sentiment d’être un artiste incompris ?

Pas du tout. On peut ne pas me comprendre au début, mais à la fin, nombreux sont ceux qui me félicitent pour avoir eu tort d’avoir trop tôt raison. Vous savez, le temps c’est l’autre nom de Dieu. Le mensonge a beau courir, il finira toujours par être rattrapé par la vérité.

Vous êtes président du conseil d’administration du palais de la culture d’Abidjan. Comment vit cette institution à l’ère du covid-19 ?

Je suis le président du Conseil de gestion Palais de la Culture. La pandémie liée à la maladie à coronavirus est sans précédent dans le monde. Nous avons suivi scrupuleusement les conséquences du gouvernement à travers les recommandations du Conseil national de sécurité et du ministère de la Santé concernant les gestes barrières.

Comme pour tous les secteurs d’activités socio-économiques, cette crise sanitaire mondiale a impacté négativement le secteur des arts et de la culture et son palais avec. Je suis heureux de constater qu’il y’a une reprise progressive et je profite de votre tribune pour insister sur le respect scrupuleux des mesures barrières. Car, la maladie rôde toujours et nous n’avons d’autres solutions pour l’instant que la prévention à travers cette prescription de l’OMS.

Êtes-vous toujours dans le même état d’esprit lorsque vous sortez aujourd’hui, je ”reviens”, comparativement à ”salut” ”le titre phare de votre dernier album ”Angabayo” ?

Entre l’album “angabayo” et le single “je reviens” qui annonce mon prochain album, il y’a eu la crise post-électorale de 2010-2011. Moi-même, j’ai vécu 4 mois et demi le blocus du golf hôtel d’Abidjan.

L’état d’esprit ne peut pas être le même. C’est pourquoi, au-delà de tout ce que nous avons vécu et nonobstant notre victoire, je reviens du golf les bras chargés d’amour, courant les pieds nus à la recherche des miens pour leur chanter l’amour, la paix et la réconciliation.

Plus jamais ça dans mon pays, pays de paix, pays de Félix Houphouët-Boigny, apôtre de la paix dont on a célébré, le 07 décembre dernier, le 27e anniversaire de son décès.

Comment voulez-vous qu’on vous perçoive en tant qu’artiste, mais aussi en tant que citoyen ?

En tant qu’artiste, c’est aux mélomanes et aux fans de me juger. Je ne peux me voir moi-même. Ce que je sais, c’est qu’en studio comme sur scène, je dois donner le meilleur de moi-même pour satisfaire les attentes de ceux qui apprécient la scansion rythmique des sonorités d’une bonne orchestration musicale.

En tant que citoyen ordinaire, je veux que les gens me perçoivent comme un frère qui partage la joie et qui à défaut d’être chez chacun et chez chacune, passe par la musique pour atteindre tout le monde.

Que pensez-vous de la musique urbaine d’aujourd’hui et des artistes de la nouvelle génération ?

La musique urbaine, comme toutes les musiques, a sa place et toute sa place sur l’échiquier musical ivoirien et africain. De même pour les artistes de la nouvelle génération. Je ne pense à rien d’autre que souhaiter qu’ils fassent davantage chacun dans son domaine pour le bonheur des mélomanes.

Serait-il possible de retrouver Noël Dourey dans des envolés coupé decalé ou zouglou ?

Rien n’est impossible.

Avez-vous un mot pour terminer cette interview ?

Trois mots : amour, paix et réconciliation.

 

Firmin Koto

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