Médhy Custos : L’ADN prend le dessus
Bonjour Médhy, On vous sait assez présent sur les scènes africaines mais cela ne vous empêche pas de vous présenter à nos lecteurs de 100%culture…!
Bonjour je suis Médhy Custos , on m’appelle communément le Serial Lover. Ce surnom me vient de mon premier album solo du même nom sorti en 2004 où l’on retrouve des titres tels que « Franc jeu » , « Pour te retenir », « Comme si » qui ont contribué à ma notoriété dans le milieu du zouk .Deux ans auparavant on me découvrait avec « A jamais » et « Pé pa oubliéw » sur le concept Allianstars ,et en 2005 j’ai accédé aux chaînes nationales françaises avec le tube « Pas de glace » interprété en duo avec Jane Fostin (Ex Zouk Machine).La même année, j’ai composé le titre « Cette nuit » devenu un classique sur le volume 2 du concept Allianstars et en 2006 le tube « Elles demandent (du zouk)» numéro 1 de l’air play en France m’a hissé au rang d’artiste international. Ces chansons, devenues cultes, m’ont octroyées diverses distinctions et récompenses, notamment un Kundé d’or au Burkina Faso, 2 prix Sacem, 4 Césaires de la musique etc…Depuis cette période de grand succès, je n’ai jamais cessé de me produire aux Antilles, en France, dans l’Océan et, bien sûr, en Afrique.
Pour revenir à cet attachement profond avec l’Afrique, vous ne manquez pas de dire à qui veut l’entendre que vous êtes un Afro-Caraïbéen. Y a t-il un message particulier derrière cette revendication?
En effet, depuis maintenant une dizaine d’années, j’ai le privilège de me produire dans de nombreux pays en Afrique. Ma rencontre avec ce continent a complètement bouleversé mes repères. Je suis né à Paris, j’ai grandi en Guadeloupe, une île en forme de papillon qui fait partie des Antilles françaises. Il s’avère que la majorité de la population de l’île dont je suis originaire est descendante d’esclaves déportés d’Afrique. Ma reconnexion avec la Terre mère m’a permis de découvrir en profondeur une partie fondamentale de mon histoire et depuis j’ai pris conscience de ma dimension Afro-Caribéenne ; dimension dans laquelle je veux pouvoir m’exprimer aujourd’hui.
14 pays africains visités à ce jours avec plusieurs projets de collaboration artistique avec plusieurs artistes d’origine africaine tel que Molare, Jessy Matador, et bien d’autres. Comment ressentez vous toute cette dynamique?
Je l’accueille avec beaucoup de contentement car elle correspond à ce désir qui m’anime de rapprocher les Africains et les Afro descendants. Aussi vrai que nous avons des différences, il est évident que nous avons énormément de choses en commun. En vérité, Il ne tient qu’à nous de renforcer ce lien, à l’exemple de Claudy Siar qui depuis des années porte la voix de notre diaspora dans l’hexagone avec le même discours d’unité et d’Amour qui nous fait tant défaut. Si dans chaque domaine d’expression nous parvenions à faire tomber les barrières, dépasser les préjugés, les idées reçues, je pense que les retombées seraient très positives et qu’elles bénéficieraient aux générations présentes et futures.
En quoi consiste concrètement votre action lorsque par exemple vous parrainez une association caritative comme « World for Tchad »?
World for Tchad est une ONG dont la mission est de permettre aux populations des villages les plus reculés au Tchad d’avoir de l’eau potable. Chaque année son président, Guy Boypa, organise des concerts caritatifs qui réunissent des artistes Africains et Antillais autour de ce projet. En tant que parrain de l’association, je participe activement à la campagne de sensibilisation aux difficultés rencontrées par ces villages en situation précaire. Il y a deux ans, j’ai pris part à l’inauguration d’un puit, et, le souvenir de la joie des familles, des enfants, à la vue de l’eau jaillir du sol m’a ému aux larmes. J’ai ressenti quelque chose d’assez indescriptible, un sentiment de plénitude.
Cette année, je serai de nouveau sur le terrain, à N’Djaména ; aux côtés des autres artistes qui prendront part au gala de charité qui aura lieu le 19 Mars prochain au Novotel.
Vous sentez-vous le chef de file d’une nouvelle génération d’artistes qui voient les choses d’un autre œil? Ce, par rapport aux sujets qui fâchent comme l’esclavage par exemple.
D’autres, avant moi, ont compris la nécessité que nous unissions nos forces et nos talents pour bâtir un futur différents et profitable à tous. Certains monuments, comme BoB Marley, Markus Garvey , Martin Luther King, Sheik Anta Diop, l’ont chanté, déclamé, ont donné de leur temps, de leur vie pour que ce rêve puisse voir le jour. L’avènement à la présidence des États-Unis est un symbole très fort de progression des mentalités qui doit continuer de nous inspirer et nous encourager à croire en notre potentiel, car de tout temps, il y a eu des avancées parfois au prix d’énormes sacrifices. Chaque époque emmène son lot de situations à dénouer, et, nous devons tous autant que nous sommes, tenter d’inspirer nos proches et notre jeunesse. Je pense que la prochaine étape de conscientisation doit se jouer dans les familles, et, dans des institutions comme l’école.
Et il y a aussi votre manière différente de faire la musique. Car vous ne faites pas que du zouk, bien que vous soyez un expert en la matière. Vous faite également du rnb, du gospel… quel est finalement votre voie ?
Le zouk est mon héritage. Il fait partie de mon ADN.
J’affectionne également, la pop-music, l’électro, le hip-hop, le kompa, la musique latine et bien entendu l’Afrobeat.
Aujourd’hui, musicalement,je ne me donne pas de limites. J’ai envie de me faire plaisir et de collaborer avec des artistes ouverts d’esprit ayant le goût d’innover ! Chaque nouvelle direction, que je prends, m’ouvre la porte d’un monde plein de surprises. Qu’elles soient couronnées de succès ou pas, je reviens à chaque fois plus riche de mes expériences, quoiqu’il arrive !
N’oublions pas que vous êtes doté d’une culture musicale traditionnelle et cela se traduit bien avec cette chanson inspirée de rythmes traditionnels…qui est d’ailleurs de belle facture.
Merci pour l’appréciation ! J’ai été introduit à la musique traditionnelle de mon île dès mon plus jeune âge. Quelques années plus tard , en tant que choriste, J’ai renforcé mon savoir en participant à des projets d’artistes méritants de la musique traditionnelle ( k-Fé, Jomimi, Erik Negrite, Griv la…). Cette chanson, que l’on retrouve sur mon dernier album en date intitulé ADN, est un trio avec Misié SADIK, et, Erick Négrite. Elle fait l’éloge du « GWO KA » qui représente, à lui seul, l’ensemble des rythmes traditionnels de la Guadeloupe.
Nous avons tourné le clip en pleine période de carnaval, en des lieux chargés d’histoire où le « GWO KA » prend toute sa dimension populaire !
Ok, changeons de cap. Christiane Taubira est partie du gouvernement français. Qu’est ce que cela vous inspire?
En ces temps, où les acquis sociaux, et les libertés sont attaqués de toute part par un pouvoir oligarchique qui n’a en ligne de mire que le profit ,l’attitude de Christiane Taubira m’inspire « Le respect ».
Et quand il s’agit de maître Gims qui détrône le géant Jonnhy Halliday aux victoires de la musique 2016?
Je suis à la fois admiratif et fier de voir que malgré les entonnoirs dans lesquelles nos musiques sont déversées, un artiste de la diaspora réussisse à tirer son épingle du jeu, et ce , dans la cour des plus grands. C’est un bel exploit et une leçon à retenir par tous ceux d’entre nous qui croient en notre devenir.
Quel est votre actualité?
En ce moment je prépare un gros projet discographique qui verra le jour fin 2016.Chemin faisant je préparerai mon nouveau spectacle que je compte présenter en fin d’année également.
Comment voyez vous la musique afro-caraïbéenne dans 10 ans ?
J’espère que ce sera la musique number one !
Merci Médhy .
Merci à vous, et en attendant qu’on se croise sur scène, je vous invite à me suivre sur les réseaux sociaux …One Love !
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