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Manu Dibango conjuge passé, present et future

Firmin Koto | | Musique

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Une connexion entre une musique s’inscrivant dans le passé et des sonorités plus actuelles. C’est dans cet esprit que Manu Dibango a concocté son dernier album »Past Present Future » qui est sur le marché discographique depuis déja quelques mois. Iintitulé « Past Present Future » cet opus selon le saxophoniste devrait s’inscrire dans son thême.

Pour ce faire, le doyen Manu s’est fait accompagner d’artistes de plusieurs générations. En effet, pour cette galette, l’artiste a ainsi fait appel à plusieurs jeunes artistes dont Djanny, mais s’est également entouré, entre autres, de Wayne Beckford, Passi ou encore Oum. A cette belle brochette de chanteurs s’ajoutent des inédits et d’anciens titres sur lesquels des samples ont été ajoutés. Vous retrouvez également une nouvelle version du très célèbre titre « Soul Makossa » (1972), notamment repris par Michael Jackson mais aussi Rihanna sur « Don’t Stop The Music ». C’est clair, le chanteur d’origine camerounaise montre clairement sa volonté de faire le pont entre une musique plus ancienne et celle d’aujourd’hui, plus moderne. Conjugé donc au passé, present et future l’artiste plonge le melomane averti dans un monde musical qui se veut varié en passant par les styles pop, afrofunk, soul, hip hop ou encore jazzy qui retrace sa célèbre vie musicale.

Né à Douala dans un milieu protestant, en décembre 1933, il débarque à Saint-Calais (Sarthe) pour poursuivre ses études avec seulement 3 kilos de café pour les payer. Ensuite étudiant à Chartres, puis à Château-Thierry au début des années 1950, il y découvre le jazz et y apprend le piano ; mais c’est à Reims où il prépare le baccalauréat qu’il s’initie au saxophone et commence à se produire dans les boîtes au grand dam de son père qui lui coupe les vivres en 1956.

Différents contrats le mènent à Bruxelles où il rencontre Coco, sa femme et mère de sa fille Georgia, Anvers et Charleroi, où son jazz s’africanise au contact du milieu congolais dans l’ambiance de l’accession du Congo belge à l’indépendance en 1960. Grand Kalle l’engage dans son orchestre et ils enregistrent plusieurs disques qui remportent le succès en Afrique et les amènent à Léopoldville où Manu lance le twist en 1962. En revanche, le retour au Cameroun en 1963 est difficile et il regagne la France.

En 1967, Manu Dibango trône à la tête de son premier Big Band. Il crée et développe son style musical novateur et urbain pour une série d’émissions télévisées, « Pulsations » à la demande de Gésip Légitimus, producteur TV. Ainsi, il fut mis en relation avec Dick Rivers et Nino Ferrer, vedettes de l’époque ayant aussi participé aux émissions de Gésip Légitimus, qui l’engagent successivement.

En 1969, il enregistre des compositions personnelles qui lui font renouer avec le succès africain. En 1972, la face B d’un 45 tours, Soul Makossa (notamment samplé sur Wanna Be Starting Something de Michael Jackson et Please don’t stop the music de Rihanna – voir ci-dessous), fait la conquête des États-Unis et lui vaut d’y faire une tournée. Ses accents africains passionnent les musiciens noirs d’Amérique.

Le 9 novembre 1976, c’est la naissance de son fils Michel, puis, 6 ans plus tard, le 26 novembre 1982, de sa fille Marva. Dans les années 1980, il accompagne notamment Serge Gainsbourg. En 1992, Yves Bigot (FNAC Music) lui propose d’enregistrer Wakafrika, un album de reprises des plus grands tubes africains avec la crême des artistes africains et des musiciens internationaux. L’album, dont George Acogny assura la réalisation et Philippe Poustis la production exécutive, paraîtra dans le monde entier. Projet ambitieux de réunification musicale de l’Afrique, Manu revisite le patrimoine de la chanson en invitant les ténors Youssou N’dour sur Soul Makossa, King Sunny Ade sur Hi-Life, Salif Keïta sur Emma, Angélique Kidjo et Papa Wemba sur le très beau Ami Oh ! sans oublier Peter Gabriel, Sinéad O’Connor, Dominic Miller (guitariste de Sting) et Manu Katché (entre autres) … Le single, « Biko » (avec Alex Brown, Peter Gabriel, Ladysmith Black Mambazo, Geoffrey Oryema et Sinéad O’Connor) sera remixé à Atlanta par Brendan O’Brien.

En 1997, il créé le festival Soirs au Village (du titre d’une de ses chansons) dans la ville qui l’a accueilli, Saint-Calais. Ce festival a lieu tous les ans depuis.
En 2000, le chanteur guadeloupéen Luc Léandry l’invite sur le titre « Bondié bon » extrait de son album Peace and love.

En 2003, il devient grand-père pour la première fois d’un petit Mylian Emmanuel, puis plus récemment en 2008 d’une petite-fille prénommée Maïa.
Il est le parrain officiel de la vingtième édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) du 24 février au 3 mars 2007.

Le 3 février 2009, il décide d’attaquer les maisons de disques de Michael Jackson et Rihanna (Sony BMG, Warner et EMI) pour avoir utilisé sans autorisation le thème de Soul Makossa. Le tribunal a donné sa décision le 17 février 2009 en déboutant sur la forme le chanteur camerounais. Le fond de l’affaire sera jugé ultérieurement. Dans les années 1980, Manu Dibango avait trouvé un accord financier avec Michael Jackson pour l’utilisation de sa chanson dans l’album Thriller, mais l’interprète de Billie Jean a, par la suite, autorisé Rihanna a utiliser la musique de Dibango pour le titre Don’t Stop the Music.

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