©Lomepal
Grosse révélation de 2017 avec son premier album « Flip », Lomepal est déjà de retour après avoir écumé toutes les scènes de France en 2018. Sur son second album « Jeannine » dédié à sa grand-mère schizophrène, le rappeur parisien va encore plus loin dans le dévoilement de son intimité et gomme davantage les frontières entre rap et chant.
Lomepal a la même intonation de voix que sur ses disques aussi bien qu’il parle. Il chante à un rythme accéléré virant l’extrême douceur.
Il voulait, dit-il, faire un album moins autocentré. Il n’y est visiblement pas parvenu. Certes, l’ego-trip, cet exercice d’arrogance assumée derrière lequel les rappeurs savent si bien se cacher, est en net retrait (sauf sur l’excellent « La Vérité » en duo avec OrelSan). Mais en réalité Lomepal ne s’est jamais montré aussi personnel et vulnérable que sur « Jeannine », même lorsqu’il prétend parler de ses proches et de ses amis.
Lomepal a dédié cet album à sa grand-mère maternelle schizophrène, « Jeannine », personnalité forte de son enfance, disparue en 2000, dont on retrouve le regard sur la pochette. Dans trois courts interludes disséminés sur l’album, sa mère raconte quelques-unes des aventures de Jeannine dont la folie est devenue le fil rouge de ce disque.
« Tout le monde est zinzin dans ma famille », avoue Lomepal dans « Beau la folie ». « Dans ma tête c’est le chaos, venez visiter pour voir, ma grand-mère était folle et elle m’a transmis son pouvoir », revendique-t-il dans « Ne me ramène pas », comme s’il s’agissait d’un pouvoir magique. En reprenant le flambeau de sa lignée marquée par les troubles mentaux, il a surtout voulu reprendre l’aspect positif, poétique et libérateur de la folie, celui de l’anticonformisme, celui avec lequel le champ des possibles est grand ouvert. Mais il n’a pas échappé à la dimension destructrice de ce pouvoir magique à double tranchant.
Pour réaliser Jeannine, il fallait l’intervention d’une équipe dynamique telle que le compositeur de musique électronique Superpoze, et bien d’autres beatmakers.
Jean Paul TRA BI