Chanteuse, musicienne et auteure-compositrice, Jahelle Bonee fusionne la soul, le jazz, le hip-hop et les sonorités de Côte d’Ivoire. Connectée à la musique dès son plus jeune âge, elle intègre la chorale de son église où elle apprend à jouer de l’Ahoco et du Djembé. À l’occasion de la 8e édition du Djéguélé Festival dans la capitale de la Bagoué (Boundiali), Jahelle Bonee, après un spectacle époustouflant offert au siège du festival, nous a accordé une interview dans laquelle elle se raconte. D’où est née sa passion pour la musique ? Quel bilan de ses 10 années de vie d’artiste ? Sont entre autres les questions auxquelles l’artiste a pris plaisir à répondre.
Qui est Jahelle Bonee ?
Jahelle Bonee est une chanteuse, musicienne et compositrice ivoirienne, originaire du Centre de la Côte d’Ivoire, qui fait de la musique de fusion. Je fusionne du jazz, du hip-hop et des rythmes et langues traditionnelles de Côte d’Ivoire. Je vais dire enfin que, je fais du jazz ivoirien. Mon but est donc de faire la promotion de la culture ivoirienne, à l’international.
Comment est née votre passion pour la musique ?
Très tôt. Je vais dire que ça vient de l’église, parce que, très vite, on a été initié aux instruments à l’église, en tant que membre de la chorale. Je pense que l’amour pour la musique et le Djembé est venu de là. C’est le premier instrument que j’ai commencé à jouer. Il faut dire que j’ai été intriguée par la forme. Je me demandais, comment est-ce qu’avec de la peau, on pouvait arriver à obtenir du son ? On va dire que, mon initiation a commencé, comme cela. Ma mère aussi est une grande mélomane. Elle écoute beaucoup de la musique d’ici et d’ailleurs. Donc, quelque part, elle m’a beaucoup influencé, également. Elle a aidé à décupler mon amour pour la musique qui est devenue au final, mon métier.
Est-ce que, Jahelle Bonee avait des modèles à qui elle voulait ressembler avant de faire son apparition sur l’arène musicale ?
En termes de modèle, je vais citer Ernesto Djédjé. Il fut pour moi, un modèle exceptionnel. D’ailleurs, je le considère comme le père de la soul comme James Brown. Il était déjà très loin en termes de composition et ne se donnait aucune limite. Et donc, je pense qu’il m’a beaucoup influencé.
Jusqu’à présent, combien d’années de carrière ?
Ça va faire 10 ans cette année. C’est 10 ans tous les jours, sans pause, sans répit. Je suis très fière de moi et de mes équipes, pour ce qu’on a pu accomplir jusqu’ici.
Un bref bilan de ces 10 années de parcours.
Waoohhh ! On est content parce qu’étant artiste indépendante, nous avons pu faire 2 albums de belle facture. J’ai toujours eu un rêve un peu fou qui était d’enregistrer en live. Et c’est ce que, j’ai fait avec mes 2 albums. J’ai eu de belles collaborations, notamment sur le premier où, j’ai collaboré avec Defty qui est très connu dans le milieu urbain (rap). Sur le second, j’ai travaillé de concert avec Paco Sery qui est l’un des plus grands batteurs aux Grammys et avec KAJEEM également. On a aussi, quelques concerts et des clips à notre actif. Bien que l’œuvre humaine ne peut être parfaite, on va dire que, le bilan de ces 10 années est très positif. Mais, on ne compte pas s’arrêter là. Il faut qu’on parte à la conquête du monde.
Pour l’année 2024, en mars vous étiez au MASA, ensuite à Ouagadougou et maintenant à Boundiali pour la 8e édition du Djéguélé Festival. Quelle est la suite ?
Alors la suite, c’est de retourner au Burkina Faso, puis au Sénégal et revenir au pays pour quelques dates. Abonnez-vous donc, pour avoir mon actualité. Je suis convaincue que Anoumabo.com va partager aussi mon actualité concernant mes dates. En juin, il y a un projet cinématographique dans lequel j’interviens en tant Anne Marie Raggie, dans la comédie musicale Houphouët Boigny. C’est une comédie musicale qui retrace la vie amoureuse et la vie de militant du premier président de la Côte d’Ivoire et de tous ceux qui ont été avec lui à savoir Beugré Djomand, Anne Marie Raggie, Marie Thérèse Houphouët, Jean Baptiste Mockey (…) Je partagerai la même scène avec de magnifiques artistes tels que On’el Mala (Houphouët Boigny) ; Aude Marie Assande (Marie Thérèse Houphouët) ; Mister CO (Jean Baptiste Mockey) ; Ayman Rad (le Gouverneur) ; Priss’K (Mamie Affoué) et Excès Emmanuel (Beugré Djomand). Nous serons accompagnés de plusieurs autres artistes, du coup, ça sera haut en couleur. J’ai tellement hâte. Et comme, je le dis toujours dans mes interviews, je vous invite à venir voir, parce que, je vais danser. Pour ceux, qui ne me connaissent pas physiquement, je suis un peu « apoutchou ». Donc venez voir, une « apoutchou » sur scène danser.
Première participation au Djéguélé Festival, quelles sont vos impressions ?
Moi, je me considère comme une fille du pays. Et venir, jusqu’ici à Boundiali qui est une ville magnifique me fait adorer de plus le peuple Sénoufo. Un peuple très accueillant. Je ne dis pas ça, parce que je suis à Boundiali, mais juste que j’adore leur hospitalité. Je suis venue ce soir au siège du Festival pour la soirée Djazz et c’est exceptionnel. Il y a une réelle symbiose avec le public. Et pour vous dire vrai, actuellement, je vis ma « best life », comme on le dit. J’adresse toutes mes admirations à ce grand homme qui est Monsieur Koné Dodo, qui a eu l’ingénieuse idée de mettre ce projet en place, pour montrer que du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, il n’y a qu’un seul langage sur lequel, on peut tous s’entendre, c’est la musique.
Merci l’artiste, nous sommes pratiquement à la fin de l’interview. Quel est votre mot de fin ?
Je veux dire Merci aux organisateurs du Djéguélé Festival. Merci également aux populations de Boundiali. Merci surtout à vous pour l’intérêt, la patience et la bienveillance.
Raymond Alex Loukou