DJ ARAFAT, une légende vivante

crédit photo : ivoirmixdj.com

Assurément Dj Arafat est l’un des artistes les plus adulés de sa génération. Et pourtant on ne donnait pas chère la peau du « 2 fois Kora man » comme il aime se faire appeler depuis son sacré aux Kora 2013 où il avait été consacré meilleur artiste africain et meilleur artiste de la nouvelle génération. Qu’on l’aime ou pas, pour ses attitudes provocatrices, celles-ci concomitamment font de lui un artiste atypique, indexé comme un délinquant sympathique, ce n’enfreint cependant pas à sa grande popularité.
Même si de son côté, Yorôbô assume son style, il faut reconnaitre que, cela lui colle jusque-là assez bien à la peau, si l’on s’en tient au succès de ce que les puristes considèrent comme des bruits « bruits de boite ».
Quoi qu’on dise, Dj Arafat est un artiste célèbre et riche aujourd’hui. Cependant, ses débuts n’ont pas été aussi roses lorsqu’il arpentait déjà tout jeune et frêle, les cabines de DJ des maquis de la rue princesse de Yopougon pour se faire une place au soleil.
En son temps, son père lui-même artiste musicien chevronné, Wompi me confiait lors d’une interview alors que j’évoquais l’avenir de son fils DJ, celui-ci avait rétorqué qu’il ne pouvait pas concevoir qu’on fasse de la batterie avec la bouche parlant de son fils qui, selon lui devait penser à faire école dans la musique.
Il est donc clair aujourd’hui, au vu du succès de la nouvelle tendance musicale urbaine, que toutes ces affirmations de Wompi n’ont plus vraiment leurs raisons d’être. Car Dj Arafat son fils, comme par un revirement de situation a finalement su imposer ce qui était comme une simple plaisanterie musicale aux yeux du monde comme une musique, qui peut bien être aimée avec à la clef, une philosophie: choquer pour plaire.
Pour la petite histoire, Dj Arafat est né le 26 Janvier 1986. “Dans les débuts du mouvement coupé décalé, le DJ officiant dans l’un des plus grands maquis abidjanais le « Shangaï » est repéré par le jeune producteur Roland le Binguiste qui l’emmène en studio. C’est ainsi qu’il sort une œuvre discographique qui le révèle au grand public grâce au morceau « Hommage à Jonathan » en 2003 dont une partie du clip a été réalisé au Parc des Sports de Treichville avec la présence de Douk Saga et Mulukuku DJ. Très jeune, Didier Houon avait beaucoup d’amis Libanais à Abidjan, qui le surnommaient sans cesse Yasser Arafat, l’ancien dirigeant du Fatah et de l’Organisation de libération de la Palestine. Il a décidé de faire de ce surnom son nom de scène. Sollicité en France grâce à cet album, le promoteur de spectacles et directeur de KD Productions, Désiré Kouadio, organise une tournée pour DJ Arafat. Il s’envole pour deux mois à Paris puis revient en Côte d’Ivoire. Ce séjour a laissé de beaux souvenirs au DJ, et il y voit une belle opportunité économique. C’est ainsi qu’en 2005, pour son second voyage en France organisé par Désiré Kouadio, il décide de s’installer dans la capitale française. Entre temps, il avait sorti un 2e album intitulé Femmes en 2005 puis un album en collaboration avec Meiway en 2006 et un single intitulé Abidjan-Paris en duo avec Christy-B en 2007. En septembre 2009, DJ Arafat et Debordeaux DJ mettent fin à ce duo. Depuis la sortie de son premier hit en hommage à DJ Jonathan, Arafat DJ est, sans contexte devenu le DJ le plus populaire du pays. Chacun des singles sortis depuis a rencontré un grand succès: le mouvement DJ a bel et bien trouvé sa poule aux œufs d’or. L’apache 8 500 volts prouve encore une fois que sa source d’inspiration est intarissable. Le single « Gladiator » est mis sur le marché le 16 décembre 2009, tandis que l’album est sorti le 19 juin 2010 ilcluant les morceaux « Zoropoto I et II » qui sont par ailleurs des nouveaux concepts à succès. Inspiré par Lil Wayne, embrassant depuis janvier 2010 le hip-hop et surnommé depuis lors « Sao Tao le dictateur », Il conceptualise le « nouchi rnb » dans son single en duo avec Yvan Trésor. On ajoute à cela les voltages croissants du Yorobo : il est passé de 3 500 volts à 5 500 volts, ensuite 8 500 volts puis 10 500 volts et enfin l’artiste est depuis février 2010 [réf. souhaitée] devenu un dispositif autonome capable de produire de l’électricité soit un « groupe électrogène ». C’est un clin d’œil que l’artiste fait par rapport à la crise énergétique qui a frappée la Côte d’Ivoire en février 2010 avec un système électrique national qui connaissait une diminution de sa capacité de production d’énergie électrique qui se traduisait par des difficultés à satisfaire l’ensemble des besoins en électricité des populations notamment avec la mise en place de programmes de délestages3. On observe tout au long de sa jeune carrière, un changement de style vocal et musical. Il est passé de ses 18 ans, du coupé-décalé classique des premières heures de ce mouvement musical à un coupé-décalé plus sophistiqué aujourd’hui. En effet, sa voix est devenu plus rock, les instrumentaux plus travaillés et plus électroniques mélangeant plus de sonorités qu’avant, avec une place importante donnée à la batterie. On parle aujourd’hui d’une sorte d’« African Rock » et d’« African Electro »4. Le morceau « Rage 202 » par exemple, mélange sonorités Heavy metal et Coupé-décalé. “
Son assiduité au bonheur qu’il fait connaître à la musique contemporaine, fera de lui un monument culturel puissamment prisé de ce monde. Désireux de toujours servir son public par des performances et d’imposer les vertus de son art comme un style musical, DJ Arafat a été doublement couronné aux kora Africa Music Awards. Aux deniers nouvelles, l’artiste aurait reporté son mariage prévu le week-end denier.
C’est aussi ça DJ Arafat.

Firmin Koto

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