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Dino Vangu, le continuateur de l’œuvre de Tabu Ley

Clement Ossinonde | | Musique

I – Le sacre de Dino Vangu

La grande famille Afrisa avait souhaité que le continuateur soit un chanteur, mais faute d’élu, c’est au rythmicien guitariste solo, le maestro Dino Vangu « Ye-Mei » qu’est revenu l’honneur d’assumer cette responsabilité. La bénédiction de Tabu Ley Rochereau « Mokitani ya Wendo » lui en est entièrement requise.

En effet, c’est le seul sociétaire de Tabu Ley, depuis que ce dernier à presque mis fin à sa carrière, qui a pu s’entourer d’une formation qui a repris l’instrumentation de l’Afrisa International. Le succès des concerts de l’orchestre « Rumba ya Dino», et particulièrement de la nouvelle égérie de la rumba congolaise Lo Benel « Mwana Nkoy », se trouve à son point culminant. Lo Benel, rappelle à plus d’un connaisseur de l’Afrisa, les débuts sensationnels de MBilia Bel avec Tabu Ley en 1982.

Tous les acquis favorables à Dino Vangu lui ont persuadé d’emprunter absolument, le format orchestral Afrisa pour son travail quotidien. Aussi,   « Rumba ya Dino » a profondément évolué.

A côté de quelques fidèles, parmi lesquels des anciens de l’Afrisa qui ont gardé la même énergie, le même miracle rythmique et des arrangements écrits de main de maître par Dino Vangu. Une équipe bien choisie dans le respect de la tradition Afrisa.

II – Suite de l’album « Jusqu’au petit matin » – version DVD.

Le couronnement de la chanteuse  Lo Benel, dans le groupe «Rumba ya Dino », la réussite de sa grande prestation, s’inscrit en lettre d’or dans le DVD « Jusqu’au petit matin », qui est depuis dans les bacs,  après l’apparition du CD.

Du bel ouvrage, un répertoire original, des arrangements astucieux et bien répétés. Et puis, au-delà de ce travail et de la production soignée du DVD, une musique qui refuse à chaque sillon la facilité et les redites.

C’est d’autant plus remarquable que le parti-pris stylistique est celui d’une rumba classique, nourri de « Soum djoum » mais enraciné dans de solides traditions. Et, denrée habituellement rare, savoir toucher toutes les sensibilités, ne manque pas ici, en particulier grâce à Habiba et Sadrak vocalistes cocasses.

Au saxophone, Esby Bambi fait preuve d’une étonnante culture et de beaucoup d’imagination. Il est ici un maître d’œuvre minutieux et attentif.

« Jusqu’au petit matin », version DVD pourrait bien faire un tube, en cette période troublée qui marque un essoufflement général des orchestres congolais, victimes de problèmes économiques insupportables.

Clément Ossinondé