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Design: Dükü Ernest relooke le maillot des Éléphants

Celestin Yao Koffi | | Mode

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La 28e édition de la messe footballistique de la Coupe d’Afrique des nations de football (CAN) 2012 se déroulera au Gabon et en Guinée équatoriale du 21 janvier au 12 février 2012. L’équipe nationale de Côte d’Ivoire arborera le nouveau design du maillot estampillé en fond de couleur de symboles et de signes portant la touche plastique de l’artiste Dükü Ernest dans le cadre du concept ‘PUMA Creative’s project’. Nous avons rencontré l’artiste, il nous parle de sa démarche artistique et de ses projets.

Sur l’artiste
Ernest DÜKÜ : né le 7 décembre 1958 à Bouaké est un artiste Peintre-Plasticien d’origine ivoirienne. Il a étudié à L’INSAAC (à son époque INA) au sein de l’École Nationale des Beaux-arts d’Abidjan. Il poursuit ses études à l’École nationale supérieure des arts décoratifs (ENSAD) à Paris. Il a étudié l’Esthétique et les Sciences de l’art à l’Université de Paris 1 Panthéon Sorbonne. Son travail de création interroge ce qu’il nomme « les non-dits qui encombrent nos mémoires ». L’œuvre d’Ernest Dükü s’enrichit de l’art de tout un continent – Égypte Antique, art pariétal, etc., des cordes et des ficelles comme un clin d’œil à l’œuvre de Christian LATTIER.

DÜKÜ si tu dois te présenter brièvement, que dirais-tu de toi-même ?

Ernest Dükü artiste Peintre- Plasticien, je cherche dans les chemins de traverse de l’art pour dénicher les non-dits qui encombrent nos mémoires.

Depuis quand exerces-tu ce métier ?
Depuis les années 90 après avoir suivi différentes formations dans le domaine de l’art (Art et architecture, Esthétique et Sciences de l’art.)

En tant qu’artiste-plasticien, tu as été sollicité par PUMA Creative pour porter le projet d`une création artistique autour du maillot des Éléphants de Cote d`Ivoire. Dans quelle condition s`est opérée cette désignation ? De quoi s`agit-il exactement ?
J’ai été en effet contacté par le groupe PUMA par le biais de son réseau Africa créative network, il ya près de deux ans afin de collaborer a l’idée de l’élaboration des kits de maillots pour les équipes africaines. C’est précisément dans ce cadre que l’équipe du Créative Africa Network m’a sollicité pour réfléchir à la proposition d’un kit de maillot pour l’équipe de la Côte d’Ivoire.

Quelle idée as-tu voulu véhiculer tout au long de l`action plastique avec le footballeur Yaya Touré ?
Mon approche dans l’élaboration de ce design était de trouver une idée qui allait dans le sens des attentes des commanditaires. J’avais perçu le sentiment de vouloir donner une identité forte au maillot des équipes africaines (…) J’ai eu à cet effet une approche qui a consisté à me fonder sur l’emblème de l’équipe de la Côte d’Ivoire à savoir l’éléphant auquel j’ai associé l’idée des trames en bandes pour la confection des étoffes traditionnelles. Je suis arrivé par ce biais à créer un effet dynamique entre la force de l’éléphant dont la trompe se relie à l’idée des bandes. Cette image traduit l’idée de chercher à aller le plus loin possible, d’atteindre les sommets et c’est cela que j’ai en partie expliqué à Yaya Touré.

Quelles étaient les contraintes ?
Pour les questions de contraintes elles étaient uniquement de l’ordre technique par rapport au cahier de charge de la FIFA concernant la charte de conception des maillots.

Comment s’est produite l’alchimie entre Yaya Touré et toi lors de la mise en œuvre du design ?
La motivation principale était de faire cohabiter le football et l’art. Juste une idée géniale de rapprochement de deux domaines d’activités avec comme corollaire une visibilité offerte aux artistes participant au projet.

Qu’est-ce qui a guidé principalement Creative network dans le rapprochement du football
au monde des artistes ? S`agit-il de promouvoir les créateurs d`origine africaine ?
Je ne peux pas répondre à cette question puisque le concept été mis en place sans la collaboration des artistes.

Qu`est-ce que cette action engage au plan artistique pour toi ? Que peux-tu en attendre ?
Sur le plan artistique il y avait ce véritable challenge qui consistait à participer d’une certaine manière à cette idée de rapprochement entre « Football et Art »… qui en terme t’attente me permet aujourd’hui d’affirmer qu’il ya sûrement une exploitation de ce champ d’activité à explorer en terme de recherche d’images pour les équipes sportives.

Au plan purement artistique as-tu particulièrement senti les choses bouger depuis cette action pour toi ?
Sur le plan de ma réflexion en tant que créateur elle a élargi mon regard.

As-tu foi en cette équipe des Éléphants de Côte d’Ivoire ?
Je leur souhaite de saisir la symbolique qui est portée sur le dessin de ce maillot pour porter l’éléphant vers les sommets, il y a donc une réelle foi pour qu’il en soit ainsi.

Tu évolues loin de ton pays il y a belle lurette, quand comptes-tu faire ton ‘comeback’ en Côte d’Ivoire ?
Je reste dans l’attente d’une occasion de pouvoir montrer un jour un plus large panel de mon travail dans le cadre d’une exposition individuelle

Que faut-il pour cela ? Quelles sont tes attentes ? Que suggères-tu exactement pour atteindre cet objectif ?
Juste avoir l’occasion de pouvoir bénéficier d’un lieu d’exposition qui offre l’espace nécessaire et l’accompagnement pour une exposition individuelle.

De façon générale, quels sont tes projets dans le cadre de tes activités artistiques ?
Je développe pour l’heure une réflexion sur mon travail, un temps d’analyse et d’intenses créations dans l’exploration d’autres voies.

Peut-on savoir de quoi il est question dans cette réflexion ?
Je dirais pour simplifier qu’il s’agit d’un travail d’écriture, la nécessité de mettre des mots sur l’aspect plastique. Donner la possibilité à ceux qui s’intéressent à mon travail d’avoir une idée sur les motivations, les questionnements internes, etc., au-delà de l’aspect plastique.

Comment peut-on justement nommer cet exercice fait de sculpture et de peinture chargé d’importants symboles ?
Le désir de renouveler une certaine tradition. Ce lieu ancestral où la sculpture et la peinture opéraient au travers d’un savant mélange ; un mélange que seule la lecture des symboles permettrait d’en analyser le contenu.

Le désir de renouveler une certaine tradition ou plutôt de la revisiter ? S’agit-il d’un sankofisme ?
Je revisite et je m’attelle à renouveler la pratique ancestrale. En effet, c’est une sorte de « sankofisme pour une pensée du retour ».

D’où provient ce souci de combinaison spécifique des formes ?
Le souci de combinaison, est de briser l’idée des frontières pour renouer avec un savoir-faire ancestral tout en traitant des problématiques actuelles pour ne pas dire contemporaines…

Cette approche qui peut parfois être perçue d’identitaire n’est elle pas finalement un frein vis-à-vis des tendances d’universalisation des pratiques contemporaines et postmodernes ?
Cette posture du sankofisme pour une pensée du retour n’est pas à mon sens, située dans un schéma exclusif de l’identité. On peut la percevoir ainsi si on ne fait pas l’effort de saisir l’approche d’une singularité qui s’origine dans un lieu géographique pour aller vers l’universalité du monde, d’ailleurs cette approche vaut pour l’analyse des pratiques contemporaines et postmodernes.

Le concept du retour aux sources ne part-il pas d’ailleurs sur des présupposés d’un passé totalement idéalisé ?
Ce concept du « sankofisme » ne se traduit pas par l’idée d’un retour exclusif aux sources. Il s’inscrit plutôt au-delà de ces aspects nostalgiques pour ce nourrir des éléments fondamentaux d’une culture afin de porter un regard lucide face aux problématiques contemporaines.

Et quels en sont les aspects fondamentaux ?
On peut juste poser cette question : « Quelle est la mystique » qui fonde nos rêves sociétaux et là nous avons l’un des fondamentaux qui donne du sens à la création

Le lieu géographique fonde-t-il la spécificité culturelle ? N’y a-t-il pas toujours eu coalitions culturelles au sens d’ailleurs de Senghor ou de Lévi-Strauss ? Quitte à voir la limite qu’on donne au concept de société justement ?
Le lieu géographique fonde en partie la spécificité culturelle, à cela s’ajoute le fait qu’elle est néanmoins nourrie d’autres sources qui fondent cette équation de la coalition culturelle.

Quelles sont les frontières de la société rêvée ? La notion de société ne se fonde-t-elle pas d’ailleurs sur des préceptes temporels et artificiels ?
Il n’y a pas de frontières, puisqu’elles sont fondées sur l’altérité des sociétés

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