Reportage : Jeux de piste dans l’est.

Une folle nuit dans les dancing et autre boîtes de nuit de Metz, montre qu’en dépit des apparences l’on s’amuse aussi dans l’est.
Metz la puritaine est-elle toujours triste la nuit venue ? Rien qu’à l’évocation du nom de la ville les noceurs font mine grise, car rien dans la ville ne les incite à se … décoincer : « une ville terne, rien pour s’amuser, rien pour faire le show » déclare Samuel, un black amateur de nuits chaudes qui à la ville,est vigile.
La ville, il est vrai est plus un centre d’affaires et une plaque tournante pour touristes en goguette, qu’un paradis pour « night- cubleurs » déjantés. Heureusement qu’il y a des lieux comme le « Bar Latino » un dancing club où tous les vendredis et samedis, D. et ses amis se retrouvent pour faire la fête. Nous avons rendez-vous ce vendredi soir de la mi- mai, histoire de boire un coup et écumer les boites de nuit. Flanqué de sa copine Isa, une belle brune menue. Un petit tour à « l’Emile vache », lieu de rencontre des messins revenus de tous et quelque peu blasés en ces temps de crise économique pour refaire le monde devant un verre de vin rouge ou de bière. Le concert de pop qu’on y donne ce soir là ne nous branche pas trop. Car D. un béret vissé sur la tête trépigne d’impatience, il ne veut pas que la soirée au « Latino » commence sans lui. »Il veut montrer à sa compagne comment un abidjanais pure jus fait la fête ».C’est qu’il vient de conquérir sa belle. Aussi, nous avalons d’un trait nos bières et entreprenons de faire route vers « le Latino ». A l’entrée, une armoire à glace le corps tatoué nous ouvre la porte avec un sourire carnassier. Une salsa nous souhaite la bienvenue, dès le couloir qui mène à la piste de danse où déjà des couples ou des hommes seuls, tournoient et ondulent comme des roseaux. Le Dj pendant ce temps balance des dédicaces à un tel ou une telle pour son anniversaire.
Un serveur vient à nous pour prendre nos commandes. Isa, d’une voix fluette choisit un « cuba libre », Les autres se contentent d’une bonne bière pression. « Salut, la place est libre ? » demande une blonde à la poitrine pulpeuse qui traine la fraicheur scintillante d’un parfum nuancé de pétales de roses sur son passage. Sans attendre une réponse, s’assied à notre table en dodelinant de la tête au son de la musique. « ça promet » jure K. l’ami togolais de la bande. Mais l’ambiance sur la piste de danse est pour l’heure moins délurée, moins insouciante. C’est qu’il n’est que 22 heures. Tout le monde n’est pas amateur de salsa. La blonde commande un whisky- coca, y trempe ses lèvres et secoue sa crinière, au même moment de la sono, jaillit la voix des Magic- System. Sans attendre D. enlace sa compagne et l’attire vers la piste de danse, la blonde se lève et demande « qui veut se damner avec moi ? » Petite bousculade entre nous et c’est K qui rafle la mise. La lumière tamisée rouge et bleue donne à la blonde un corps de félin au son de la musique son cavalier quant à lui rit, se déhanche en susurrant des mots à l’oreille de la blonde. « Elle est seule, passe d’un mec à un autre en ce moment et compte bien continuer ainsi pendant un bon bout de temps. » a-t’elle confié à K qui nous l’a répété plus tard. Les Magic-System, Mokobe, autres zouk antillais, le RnB et la Ragga sont les musiques sur lesquelles les noceurs blacks aiment se trémousser.
A dire vrai, ce ne sont pas que les blacks qui aiment ces genres musicaux. La jeunesse dorées de la ville, les dragueurs impénitents, les blancs, les noirs, les femmes, les hommes se pressent le vendredi ou le samedi soir au Latino, au Madison, au Rouge ou au Club des Iles pour boire un coup, se bouger un peu, ou faire des rencontres. De même, tous les amateurs de musique ou de folles soirée ne restent pas sur Metz, il y a des bars gay comme l’Endroit (Metz), ou les night-clubs du Luxembourg pour faire la fête.
La blonde est revenue s’asseoir essoufflée. Elle regarde l’heure. Il est presqu’une heure du matin. Elle décide qu’il faut changer de crémerie. D’une démarche rapide, la petite bande se dirige vers le Madison. Ce lieu connu pour jouer de la musique disco des années 80 est un must pour tout noctambule en mal de soirée déjantée. Mais, comme toutes les boîtes de nuit, la tenue correcte est exigée. Et les polos et les baskets ne sont pas acceptés. Pas de chance ce soir là dans notre petite bande quelqu’un n’a pas la tenue conforme, dixit le videur tatillon. Alors, nous changeons de cap. La blonde qui en fait, s’appelle Marie se propose de nous conduire au « club des Iles. » Il est 2 h15 mns du matin. Nous voilà à Saint-Marcel, loin de Metz, après presqu’une heure de trajet. Sur le parking, un couple est au bord de la crise de nerf. Question de choix de boîte de nuit.
A l’intérieur, l’ambiance est insouciante. Ils sont là, les noceurs, ils bringuent, s’envoient des coupes de champagne, dansent collé-serrés, la lumière tamisée de la boîte est propice à cette manière de danser enlacée. Sans tenir compte de la musique. La blonde se sent dans son élément, passe d’un cavalier à l’autre. Revient à K qui semble avoir jeté son dévolu sur elle, pour ce soir en tout cas. La piste est bondée. Derrière la baie vitrée, le Dj s’active. Passe du Root, du zouk, de l’Afro-beat, du Hip-hop. Soudain, vêtue d’un costume du plus beau chic, il est là sur la piste, danse un « coupé décalé », Marie notre conductrice d’un soir ne résiste pas à tant de prestance et de savoir faire, d’une pirouette, la voici devant le bel Armand, un black habitué du club des îles. « C’est pas de ma faute, je les attire toutes comme un aimant. » se vante –t-il. Le veinard ! Armand est dans la place.
Deux filles, deux hommes à l’autre bout de la piste dansent comme dans une chorégraphie bien orchestrée depuis de long mois. C’est Angélique, Cindy, Eugène, et Abdel. Tous originaires de la Meuse voisine.
Au bar, des filles attendent certainement que des cavaliers les invitent. Quelqu’un veut-il se faire prendre en photo pour notre reportage ? Pour la plupart, « on n’est pas d’accord, on a pas envie de se voir dans un journal. Surtout sur le Net ». Tranche Eugène.
Bientôt 4h 50, Marie notre conductrice est devenue très proche du bel Armand, au grand désespoir de K. Et le petit groupe a envie de changer d’endroit. Le Rouge par exemple ? Mais nous sommes trop loin de Metz et il est bientôt 5h du matin passées. Alors, nous avons décidé de rentrer en promettant de renouveler notre écumage des boîtes de Nuit de Metz. une autre fois.
