Sortie de Livre: L’Afrique de Sarkozy, un déni d’histoire.

< Consternation immédiate du parterre de notables, d’historiens et de professeurs venus un peu partout assister à cette « homélie ». Parmi les réactions à chaud incessantes qui ont suivi ce discours, un livre documenté récemment écrit par quatre historiens dont les français Jean Pierre Chrétien, Pierre Boiley, le camerounais Achille Mbembe et le sénégalais Ibrahima Thioub.
Dans l’Afrique de Sarkozy, un déni d’histoire, les quatres historiens passent au peigne fin, tous les recoins du célébrissime discours de Dakar.Chacun des auteurs ayant choisi son angle d’attaque: la place de l’Afrique dans l’histoire universelle, la persistance de l’imaginaire colonial, les pesanteurs de la tradition raciste à l’égard des Noirs, l’absence remarquable de l’Afrique dans le contenu de l’enseignement en France et la richesse du débat historiographique en Afrique.
Ce « discours de Dakar » prononcé, au relan à des moments racialistes n’a point échappé aux auteurs qui ont livré une contre-argumentation pour le moins pertinente construit autour du discours lui même. Il démontre en effet comment le regard suprémaciste blanc a empoisonné la pensée occidentale et cela, même chez les progressistes les plus reconnus.
Un livre hautement important pour ce qu’il revèle notamment dans la reformation facile de l’histoire de l’Afrique mais aussi de la vision que portent les occidentaux sur ce continent complexe et singulier .
Hélas, jeter l’opobre sur le « colon blanc » a été si facile dans ce livre car aucune remise en cause véritabe–aussi petite soit elle–n’y figure. Rappelons au passage que ce livre a été écrit par des historiens et pas des moindres (loin s’en faut) ce qui signifie bien leur excellente maitrise de l’histoire africaine. Pour peu avoir donc bonne mémoire et se rappeller que » l’homme africain » avant d’être une victime comme décrit à l’excès dans cet ouvrage est le premier coupable de sa « misérable » condition de vie. Ne faudrait-il pas un brin reconnaître les failles internes du continent africain avant de donner dans des diatribes souvent honteuses sur ce fameux « discours de Dakar » ? Lu et entendu, ce discours peut paraître hautement insultant et conforter « le blanc » dans sa posture de supériorité, mais faut il pour autant se limiter à cela et oublier l’origine-mère des tous les maux qui ruinent ce continent? Bien que excellement écrit, les incessantes accusations faites par les auteurs (oui, il y’en a tellement) ôtent toutes objectivités nobles à une oeuvre de ce genre. Un prochain livre sur un prochain discours (sait on jamais) dérogera t-il peut être à la règle…Enfin.